Paroisse Saint Loup


Sommaire > Vie de la paroisse > Homélies > Archives > 2007 > Pâques 2007 > 22 avril

22 avril

HOMELIE DU DIMANCHE 22 AVRIL 2007

Frères et sœurs, la page d’Evangile que nous venons d’entendre se situe après la résurrection de Jésus. La scène se passe sur les bords du lac de Tibériade. Les disciples de Jésus ont repris leur vie quotidienne, et notamment leurs activités professionnelles. Nous constatons qu’ils sont sept à partir pêcher ; au delà de ce chiffre fortement symbolique dans la Bible, on peut remarquer que tous ne sont pas des apôtres : il y a en effet trois disciples qui ont rejoint Pierre, Thomas, Jacques et Jean ; ce détail a son importance : il nous montre que l’Eglise naissante est en train de grandir ! Que les apôtres se sont sans doute séparés pour aller annoncer la Bonne Nouvelle, mais qu’ils accueillent auprès d’eux des disciples pour les aider dans leur mission…

Et voici que notre groupe des sept décide d’aller pêcher, de nuit… La nuit symbolise peut être ici les doutes, les questions, les incertitudes. Et c’est au lever du jour qu’ils rentrent bredouilles, mais qu’ils aperçoivent Jésus sur le rivage, sans le reconnaître. Dans l’Evangile, lorsque Jésus ressuscité apparaît à ses proches, il est fréquent qu’ils ne le reconnaissent pas immédiatement. Je pense aux disciples d’Emmaüs, à Marie-Madeleine…

Comme souvent, Jésus va commencer par une question : « les enfants, avez-vous un peu de poisson ? » ; sur le chemin d’Emmaüs, c’était : « de quoi discutiez-vous en chemin ? » ; et à Marie devant le tombeau « pourquoi pleures-tu ? » ; lorsque Jésus pose ses questions, il connaît déjà la réponse ; mais il attend de l’homme une parole, il l’invite à mettre des mots sur son espérance et sur ses peurs. Jésus nous invite à apporter, à donner ce que nous avons de meilleur. Le Seigneur agit avec nous aujourd’hui de la même façon, lorsqu’il nous invite à exprimer ce que nous ressentons, dans notre prière, nos relations avec les autres. Et la présence de Jésus va porter du fruit : le filet devient trop petit pour ramasser les poissons ! Pierre, reconnaissant le Seigneur, se jette à l’eau, se souvenant sans doute de l’épisode de confiance qui lui avait permis de dompter les vagues furieuses, et de marcher sur l’angoisse et la tristesse ! Combien de fois, dans notre vie, avons-nous réussi à dépasser nos peurs en nous tournant vers le Christ ! Mais le plus étonnant reste à venir ; Jésus demande à ses amis d’apporter leur poisson. Pourtant, sur le feu allumé, il y a déjà du poisson qui est en train de cuire : Jésus attend toujours que nous offrions notre vie, nos efforts, notre participation, mais en même temps il nous montre que sa grâce, son amour, sa générosité nous précèdent !

Frères et sœurs, Jésus nous appelle aujourd’hui à lui dire que nous l’aimons… Par trois fois, Il demande à Pierre un signe de son attachement, en écho à son triple reniement. C’est la preuve que Dieu nous aime infiniment, au-delà de nos ruptures, de nos doutes, de nos fragilités ;

Osons vivre et dire la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité, et que nos eucharisties nous permettent de refaire le plein pour être les témoins vivants dont Dieu a besoin pour se dire au monde !

Amen.