Paroisse Saint Loup


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Les écrits

Dans la Bible hébraïque (et donc aussi dans la TOB), les écrits désignent tout ce qui n’est ni la loi ni les prophètes...

Dans les Bibles catholiques, il est plus difficile de s’y retrouver : les écrits se trouvent répartis entre les livres historiques (à l’exception des livres de Josué, des Juges, de Samuel et des rois qui sont des livres prophétiques), les livres prophétiques (livres des Lamentations), et les livres poétiques et sapientiaux.
Quand aux livres deutérocanoniques, il s’agit de livres qui ont été écrits en Grec, ou dont l’original Hébreu a été perdu, et qui n’ont pas été retenus par le canon hébraïque. Ces livres sont reconnus par les catholiques et les orthodoxes, mais les protestants les laissent de côté.

Certains livres sont classés comme « historiques », mais il ne faut certainement pas entendre ce terme comme nos historiens d’aujourd’hui ! D’autres livres sont plutôt poétiques, ou sont des écrits de sagesse.

Les livres historiques

Les livres des chroniques sont une relecture de la période des rois. A partir du schisme, ils s’intéressent essentiellement aux rois de Juda. Ils recouvrent assez largement les livres des rois, avec une tendance à omettre certains faits dévalorisants (en particulier en ce qui concerne David et Salomon) et à accorder le beau rôle aux lévites plutôt qu’aux prêtres ! Ces livres ont été écrits par un lévite de Jérusalem, probablement au début de la période grecque (avant 300), avec des additions ultérieures.

Le même auteur aurait rédigé les livres d’Esdras et de Néhémie, en partie d’après des documents pré-existants. Ces deux livres portent sur la période du retour d’exil, au 5ème siècle, pendant la période Perse. Esdras a restauré le culte juif à Jérusalem. En fait, les biblistes reconnaissent souvent un lui le véritable fondateur de la religion juive ! Quand à Néhémie, il a reconstruit les remparts de Jérusalem : une œuvre qui peut paraître anecdotique, mais symboliquement et politiquement très importante. L’auteur de ces deux livres n’est pas très à cheval sur la vérité historique : en particulier, il cite Esdras et Néhémie ensembles, alors que ces deux personnages n’ont pas pu se rencontrer !

Les livres des Maccabées décrivent la révolte des frères Maccabées - suite à la persécution d’Antiochus Épiphane - et la fondation de la dynastie des Asmonéens. Le premier livre respecte assez bien la vérité historique, puisqu’on a pu le recouper avec d’autres écrits portant sur la même époque. C’est une histoire assez complexe, avec des actions militaires, et des jeux diplomatiques subtils ! Ces livres montrent assez bien comment un peuple peu nombreux, mais déterminé, peut tenir tête à des nations puissantes sur ses terres ! La leçon reste valable aujourd’hui... Le second livre porte plus sur les aspects spirituels, les batailles sont dirigées par des cavaliers blancs armés d’une épée de feu ! Mais on y voit aussi apparaître l’idée de la résurrection des morts, et de la possibilité d’intercéder pour le salut de l’âme des défunts : ainsi, à la fin d’une bataille on déplore des morts du côté des juifs... On trouve l’explication : les morts étaient porteurs d’amulettes païennes ! On envoie alors des messagers à Jérusalem pour faire faire des sacrifices d’expiation pour les défunts.

Les autres livres dits historiques doivent être plutôt considérés comme des romans, qui prennent parfois des libertés tant avec l’histoire qu’avec la géographie, à tel point que certains d’entre eux sont à peu près impossibles à situer dans le temps où dans l’espace.

Le livre de Ruth raconte l’histoire d’une étrangère, veuve d’un juif décédé sans enfants. Selon la loi juive, elle se remariera à un parent de son défunt mari, afin de lui donner un enfant – qui sera le grand père de David ! Mais c’est aussi une belle histoire d’amour ! En fait, ce livre est une sorte de pamphlet contre l’interdiction du mariages des juifs avec des étrangères qui avait été décidée par Esdras !

Le livre de Tobie est une histoire édifiante, qui met en valeur le sens de la famille, les devoirs envers les morts, l’aumône, le mariage... A travers l’ange Raphaël, c’est aussi Dieu qui se fait proche, compagnon de route de Tobit, le héros de l’histoire.

Dans le livre de Judith, l’héroïne – dont le nom signifie la juive – sauvera son peuple en pénétrant dans le camp ennemi et en tranchant, par ruse, la tête du général des armées, Holopherne. Enfin, dans le livre d’Esther, l’héroïne est une juive, épouse du roi Perse Assuerus. Au risque de sa vie, elle interviendra auprès de ce dernier pour contrecarrer les menées d’un grand vizir qui avait projeté de faire massacrer les juifs.

Les livres de Tobie, de Judith et des Maccabées sont des livre deutérocanoniques. Le livre d’Esther nous est parvenu en deux versions sensiblement différentes, en Grec et en Hébreu.

Les livres poétiques

Il n’est plus nécessaire de présenter les psaumes, des textes de prières dont la rédaction s’étale sur plusieurs siècles... ou il faudrait leur consacrer une soirée entière ! Les psaumes sont des paroles d’hommes, inspirées par Dieu, pour s’adresser à Dieu. Ils sont largement utilisés par les liturgies juives et chrétiennes – en particulier pour les catholiques dans la liturgie des heures.

Le cantique des cantiques est un texte poétique sur le thème du rapport entre la bien aimée et son fiancé. On ne connait pas très bien l’origine du texte... Chansons de mariage ? Ou texte religieux dès l’origine ? Toujours est-il que les juifs y ont vu une métaphore du rapport entre Dieu et son peuple, et l’ont, à ce titre, retenu dans le canon hébraïque. Il a été conservé dans les bibles catholiques pour la même raison. Notons que cette métaphore est aussi à la base de la théologie catholique du sacrement de mariage, vu comme signe de l’alliance entre Jésus-Christ et son Église.

Les écrits de sagesse

Les écrits de sagesse sont un genre littéraire assez répandu dans l’orient ancien, et les textes de la Bible empruntent parfois à des sources étrangères...

Le livre de Job est une sorte de conte philosophique sur le thème de la souffrance. Un homme perd tout : sa fortune, ses enfants, sa santé. Ses amis lui disent : tu as certainement péché pour que cela t’arrive ! Mais lui se sait juste ! Dieu lui même interviendra dans la discussion pour trancher le débat : Job a raison, même s’il ne peut pas comprendre grand chose aux affaires de Dieu... Cette histoire est là pour nous dire que la souffrance n’est pas une punition envoyée par Dieu. Elle nous enseigne aussi que comprendre Dieu est au delà des possibilités de nos intelligences !

Le livre de l’Ecclésiaste – ou Qohélet, du nom de son auteur – est une sorte de réflexion sur le sens de la vie qui peut paraître pessimiste : « vanité des vanités, tout est vanité »... Bien sûr, le sens est à chercher au delà, en Dieu !

Le livre de l’ecclésiastique – ou Siracide du nom de son auteur, Jésus Ben Sirac – est une série d’enseignements dans un certain nombre de domaines... et avec une certaine misogynie : « J’aimerais mieux habiter avec un lion et un dragon qu’habiter avec une femme méchante »...

Enfin, le livre de la Sagesse est le livre le plus récent de l’ancien testament, puisqu’on le date de quelques décennies seulement avant Jésus-Christ. Ce livre introduit l’idée de la vie après la mort, et une certaine personnification de la sagesse.