Paroisse Saint Loup


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Homélie du dimanche 4 décembre 2016

Second dimanche de l’Avent – Année A Eglise Saint Jean-Baptiste de Vif

Dans le texte que nous venons d’entendre, Jean a des paroles dures pour ses auditeurs ! Il est question de cognée à la racine de l’arbre, d’arbre qui ira au feu s’il ne produit pas de bons fruits, de paille brûlée au feu...
Devant ce genre de texte, plusieurs attitudes sont possibles...
La première est de dire : « ce Jean, il est un peu fanatique... et d’ailleurs, manger des sauterelles, ça ne doit pas arranger le caractère »... Mais le prophète Isaïe, dans le premier texte ne dit pas des choses très différentes, et Jésus lui-même en dira de semblables...
La seconde est de dire « Ah, qu’est-ce qu’il leur passe aux pharisiens et aux sadducéens ! ». Autrement dit, les méchants c’est les autres, mais alors, en quoi ce texte nous concerne ?
Enfin, la troisième attitude est de dire : « et moi, où est-ce que j’en suis dans tout ça ? »... Alors, la question que je peux me poser est « suis-je parmi les bons ou parmi les méchants ». Certainement, personne parmi nous n’est vraiment méchant, mais nous avons bien conscience de ne pas être entièrement bons non plus. Alors, où est la limite ?
L’imagerie chrétienne est pleine de représentations de jugement dernier, souvent au portail d’entrée des cathédrales, reprenant parfois l’image antique de la « pesée des âmes », censée déterminer qui ira en enfer, et qui ira au paradis...
Longtemps, les chrétiens ont échafaudé des théories sur cette limite entre bons et méchants, et se sont même souvent déchirés à ce sujet. Mais si on savait où se trouve la limite, ce serait trop facile : je suis bon, cool, je continue comme ça... Je suis mauvais, allez, encore un petit effort et ça passe... On ne peut jamais dire, comme les juifs « nous avons Abraham » pour père – autrement dit, nous faisons partie du peuple élu, donc nous serons sauvés !
La vérité et que la limite entre bons et mauvais n’existe pas, ou plutôt, elle est en nous ! En nous, il y a toujours du bon et du moins bon, voire du mauvais, et c’est en nous que doit se faire le tri. L’attitude de conversion à laquelle Jean appelle, c’est de regarder avec sincérité nos faiblesses et de chercher à les dépasser pour aller de l’avant.
Autrement dit, rechercher en nous tout ce qui n’est pas amour, pour l’éliminer ! Autant dire, qu’on n’est pas au bout de nos peines ! Mais c’est en cela, en faisant grandir l’amour en nous, et autour de nous, que l’on peut approcher du royaume de Dieu, le faire arriver... Il s’agit de produire du bon fruit, digne de la conversion !
C’est un combat à reprendre jour après jour, qui peut paraître désespérant... mais pourtant, nombreux sont ceux qui travaillent avec acharnement à repousser sans cesse des limites dans le domaine sportif, par exemple, ou dans le domaine scientifique... Et n’y trouvent-ils pas le bonheur ?
Pour nous, ce combat a des aspects concrets – je pense à ceux et celles qui travaillent auprès des personnes agées dans les EHPAD, à ceux et celles qui vont visiter les prisonniers ou accueillir leurs familles, à l’accueil de réfugiés sur lequel nous travaillons depuis plus d’un an, et qui devrait bientôt se concrétiser, aux bénévoles du secours catholique qui préparent en ce moment la crèche vivante, à ceux et celles qui ont une parole aimable et donnent, ne serait-ce qu’une petite pièce aux pauvres qui se tiennent à la porte de nos églises... Et sans oublier tout ces petites choses belles et bonnes que vous faites tous les jours !
C’est ainsi que, pendant ce temps de l’avent, nous pourrons préparer les chemins du Seigneur et attendre avec confiance sa venue.
Amen

Gilles Berger Sabbatel, diacre

« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche… »

Références des textes liturgiques :
Isaïe 11, 1-10
Psaume 71 (72)
Épitre de saint Paul Apôtre aux Romains 15, 4-9
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3, 1-12.