Paroisse Saint Loup


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Homélie du dimanche 15 janvier 2017

2ème dimanche du temps ordinaire, année A

Journée mondiale du migrant et du réfugié,
Première communion de 8 jeunes de l’aumônerie

La première lecture, fait partie d’un ensemble de textes du livre d’Isaïe que l’on appelle les chants du serviteur. Mais qui est ce serviteur ? Plusieurs réponses sont possibles... Le serviteur peut-être le prophète lui-même, comme en témoigne l’emploi de la première personne dans plusieurs passages : « lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère... ». Il peut être aussi le peuple d’Israël tout entier : « tu es mon serviteur Israël »... Il peut-être aussi le roi perse Cyrus, qui permettra le retour en Palestine des juifs exilés ) Babylone, et aura une attitude bienveillante à leur égard...
Il est probable que plusieurs de ces réponses soient justes, mais pourtant, ce qui est dit du serviteur ne correspond pas toujours totalement à un de ces personnages. Aucun, par exemple, n’a la dimension universelle exprimée par « je fais de toi la lumière des nations pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ». Alors, chez les juifs, est venue l’idée que le prophète annonçait aussi un autre personnage à venir : le messie. Pour nous, ce messie, la lumière des nations qui apporte le salut au monde entier, c’est Jésus-Christ. Le mot Christ est d’ailleurs la traduction en grec du mot hébreu messie...
Quelques siècles plus tard, comme nous le dit l’évangile, Jean-Baptiste, voyant venir Jésus, le reconnaît comme ce messie attendu en disant « voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Jean baptise dans l’eau : c’est un rituel que d’autres pratiquaient à cette époque, comme un rite de purification, mais Jean en fera un signe de conversion. Et il annonce qu’avec Jésus, ce même rite de plongée dans l’eau prendra encore une signification plus profonde : le baptême – c’est à dire la plongée – dans l’Esprit Saint...
Jean affirme par deux fois qu’il ne connaissait pas Jésus, et pourtant il le reconnaît comme le messie, le fils de Dieu. Et nous ? Pouvons nous dire que nous connaissons Jésus ? Pour ma part, malgré mes formations et mes nombreuses lectures, je ne crois pas pouvoir affirmer que je connais vraiment Jésus... Mais si nous ne le connaissons pas, nous pouvons le reconnaître quand il se présente à nous...
Il se présente à nous sous de multiples visages, mais en cette journée mondiale du migrant et du réfugié, nous devons nous arrêter un moment sur un visage particulier. Selon l’Evangile de Matthieu Jésus lui-même a dû fuir en Egypte, avec ses parents, il a donc été lui-même un réfugié. Et dans ce même évangile, Jésus déclare aussi : « j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ».
Il y a plus d’un an, notre pape nous a invité à accueillir des réfugiés dans nos paroisses. Au delà des peurs, parfois légitimes, il s’agit d’accueillir des personnes qui fuient la guerre, la persécution, la misère, qui ont risqué la mort, pour trouver un endroit où ils puissent simplement vivre, eux et leurs enfants. Ils sont souvent victimes de conflits ou de situations économiques que les politiques des grandes puissances, ou leurs intérêts économiques ont contribué à créer. Ce n’est jamais une question de vivre mieux, c’est toujours une question de vie ou de mort, et c’est bien trop souvent la mort qui les attend en chemin, y compris pour les enfants... Alors, les accueillir devient une simple question de justice, leur rendre ce qui leur revient : le droit à une vie digne.
Dans notre paroisse, nous nous sommes vite mis en route pour vivre cet accueil... Aujourd’hui, un logement est disponible à Varces, et une famille devrait venir l’occuper d’ici quelques semaines. Des familles se sont proposées pour aider concrètement, par une aide financière pour aider à payer les charges du logement, un coup de main, le don de mobilier ou d’équipement, ou simplement une présence amicale et discrète auprès des personnes accueillies. Il est toujours temps de venir participer !
Jésus, nous pouvons aussi le reconnaître et l’accueillir avec confiance dans l’eucharistie que 8 jeunes de l’aumônerie recevront tout à l’heure pour la première fois ! Jésus ne se contente pas de venir à nous, pour faire un bout de chemin avec nous. Il est prêt à venir en nous, si nous sommes prêts à l’accueillir. Nous pouvons le recevoir avec joie et confiance ! Mais il nous faudra aussi lui faire une place pour qu’il puisse agir en nous, à travers nous, et pour que nous puissions aimer avec l’amour même dont il nous aime !
Alors, dans la suite de cette célébration, préparons nous à lui faire cette place en nous même, la plus grande possible, pour que nous puissions, après l’avoir reçu, faire rayonner son amour autour de nous !
Amen
Gilles Berger Sabbatel

Références des textes liturgiques :
Isaïe 49, 3.5-6 ; Psaume 39 (40), 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd ; 1ère épître de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1, 1-3 ; Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1, 29-34.