Paroisse Saint Loup


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Homélie du dimanche 19 février

7ème dimanche du temps ordinaire

La première lecture est extraite du lévitique, le livre de la loi de Moïse, dans un passage qui regroupe un certain nombre de prescriptions fondamentales. Le passage commence par
« Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint »...
et la plus grande de toutes ces prescriptions est :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Ainsi, c’est bien par l’amour du prochain que l’on devient saint.
Nous savons que Jésus reprendra cet enseignement,. Et il ira encore plus loin, dans le texte d’évangile que nous venons d’entendre en disant :
« aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent ».
Voilà toute la dimension de l’amour auquel Jésus nous invite, un amour qui n’exclue personne, qui ne laisse personne de côté.
Jésus donne des exemples concrets de cet amour :
« Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tend lui encore l’autre ».
« Si quelqu’un veut te prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau ».
La tunique, au temps de Jésus, c’est le vêtement du dessous, qu’on n’enlève qu’à celui qui va être vendu comme esclave ! Et le manteau servait à se couvrir la nuit, c’est pourquoi la loi prescrivait de ne pas le prendre à quelqu’un pour plus d’une journée.
« Si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais en deux mille avec lui »  
C’était là un privilège des soldats de pouvoir réquisitionner quelqu’un pour l’aider à porter sa charge.
Jésus lui-même donnera toute la dimension de son amour par sa mort sur la croix, et par sa prière :
« Père, pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Pour autant, s’agit-il de rester passif devant le mal ? Certainement pas, la première lecture invite à réprimander celui qui commet le mal – mais pas à se venger. Et les prophètes, puis Jésus lui-même reprendront cet enseignement. Jésus n’appelle sûrement pas à un amour passif et mollasson, et parfois, faire reconnaître et respecter ses droits ou ceux des autres est certainement le meilleur moyen de faire grandir l’autre ! Et, par exemple, le dépôt de plainte face à certains crimes ou délits dont on est victime peut être le moyen d’éviter que d’autres en soient victimes à leur tour, et cela n’exclue pas le pardon. On peut dire au coupable : je te pardonne, mais je ne peux pas te laisser continuer ainsi impunément !
Mais peut-être que nous ne nous connaissons pas vraiment d’ennemis ? Si on entend par ennemi celui qui, vraiment, nous veut du mal ou nous en a fait, c’est certainement le cas de beaucoup d’entre nous !
Parmi les oeuvres de miséricorde citées par le Pape François l’an dernier, il y avait celle-ci :
« supporter avec patience les personnes ennuyeuses ».
Et de telles personnes, on en connait tous ! Cette voisine qui ne dit jamais bonjour, cette personne qui ne rate jamais l’occasion d’une remarque désagréable, cette autre qui vient vous raconter sa vie alors que vous avez tant d’autre chose à faire. Cette personne qui vous téléphone tous les jours depuis une semaine pour vous vendre des panneaux solaires... Ce diacre dont l’homélie ne va pas tarder d’être trop longue...
C’est ainsi, à travers de tous petits actes d’amour quotidiens que l’on peut devenir saints : « Vous donc, vous serez parfaits comme votre père céleste est parfait ».
Amen

Gilles Berger Sabbatel

Références des textes liturgiques :
Levites 19, 1-2.17-18 ; Psaume 102 (103) ; 1ère épître de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3, 16-23 ; Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,33-43.