Paroisse Saint Loup


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Homélie du samedi 25 février 2017, église de Saint-Paul de Varces

Huitième dimanche du Temps Ordinaire – Année A

« Cherchez d’abord le Royaume de Dieu… »

Ne vous faites pas tant de souci… La préoccupation et l’angoisse ne suppriment pas le malheur que l’on craint, mais l’avancent… sans pouvoir encore compter sur la grâce de Dieu pour le supporter. La préoccupation obsédante augmente les difficultés, diminue la capacité de les surmonter et rend incapable de bien réaliser le devoir du moment présent. Elle est parfois même une faute contre la confiance en la Providence que le Seigneur exerce en toutes les situations de la vie. Dans la première lecture de la Messe, l’Esprit-Saint nous encourage par la bouche du Prophète Isaïe : Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l’oublier, moi, je ne t’oublierai pas (Isaïe XLIX, 14-15).

Jésus nous répète : Confiance ! C’est moi ! N’ayez pas peur ! (Matthieu XIV, 27). On ne peut pas porter en même temps les fardeaux d’aujourd’hui et ceux de demain. Nous avons l’aide suffisante pour être fidèles aujourd’hui et pour vivre avec sérénité et joie. Demain viendra avec de nouvelles grâces, et son fardeau ne sera pas plus lourd que celui d’aujourd’hui. A chaque jour suffit sa peine ! Dieu notre Père veille sur nous, à chaque instant, et nous, nous ne pouvons que vivre le moment présent. Bien souvent les angoisses viennent de la difficulté à être à tout moment à ce que l’on fait, au lieu de penser à ce que l’on fera après… sans compter le manque de foi en la Providence. C’est pourquoi elles disparaîtront si l’on répète avec confiance et sincérité : je veux ce que tu veux, je veux parce que tu veux, je veux comme tu le veux. C’est le secret du gaudium cum pace, de la joie et de la paix.

La tentation de vouloir maîtriser le futur fait oublier que la vie est dans les mains de Dieu. N’avons-nous pas tendance à être comme cet enfant impatient qui saute les pages du livre pour connaître la fin de l’histoire ? Chaque jour est à lui seul un chemin de sainteté. L’Ancien Testament montre les Hébreux dans le désert recueillant la manne envoyée par Dieu comme aliment du jour. Certains, faisant des provisions pour le futur, prenaient plus que le nécessaire et le gardaient en réserve. Mais le lendemain ils retrouvaient une pâte corrompue, impropre à la consommation. Il leur manquait la confiance en leur Dieu, qui veillait sur eux d’un amour paternel. La confiance en Dieu n’est pas une invitation à l’irresponsabilité mais à la prudence de ne pas compter sur les seules forces humaines, si limitées.

Est-ce que je sais vivre en plénitude l’occupation du jour, avec une joyeuse espérance, en y mettant ma tête, mon cœur, toutes mes énergies ? Car l’abandon en Dieu, le saint abandon, ne diminue pas la responsabilité de faire et de prévoir et ne dispense pas de vivre la prudence. Il s’oppose en revanche au manque de confiance en Dieu et à l’inquiétude démesurée face à de futures éventualités : Ne vous faites pas tant de souci pour demain, répète le Seigneur… ce que l’on peut traduire aujourd’hui par : Profitez bien de la journée que vous êtes en train de vivre.

Je reprends ici pour finir ces paroles du Père Charles de Foucauld : « Nous sommes entre les mains de Dieu ; je suis heureux et paisible et, tout en constatant que je suis souvent vaincu dans le combat quotidien, je me réjouis sans fin à la pensée de la victoire éternelle et du bonheur immuable du Bien-Aimé. » Il nous parle de la joie et de la paix que procure le Royaume de Dieu qui est déjà là et qui doit venir. Dans le même temps, il ne cache pas le « combat quotidien » à mener contre les tentations qui nous assaillent. Les yeux fixés sur le Christ qui a vécu nos joies, nos inquiétudes et nos souffrances, grandissons chaque jour dans la confiance qu’il a « bien fait toute chose » (Marc VII, 37) et qu’il veille sur nous. Avec un cœur d’enfant, cherchons d’abord le Royaume, sûrs que le reste nous sera donné par surcroît.

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Isaïe XLIX, 14-15 ;
Psaume LXI (LXII) ;
Première Épitre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens IV, 1-5 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu VI, 24-34.