Paroisse Saint Loup


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4ème dimanche de carême, année A

Eglise de Saint Paul de Varces, et église Saint Jean-Baptiste de Vif

S’ouvrir à la lumière du Christ
Dans la première lecture, Dieu envoie Samuel chez Jessé chercher celui qu‘Il a choisi pour régner sur le peuple d’Israël. Dieu choisit le plus jeune, un petit berger pour servir son peuple, le guider sur le chemin voulu par Lui, le maintenir uni, le protéger, établir la justice... Dieu n’a pas pris garde à la stature ou à la force, il n’a regardé que le coeur.
David est appelé à remplacer le roi Saül, mais pourtant il le servira loyalement jusqu’au bout, même lorsque Saül lui-même est déloyal envers lui. Une leçon qui serait peut-être à méditer dans la période politique actuelle...
L’onction d’huile reçue par David, nous rappelle celle de notre baptême. Cette huile est signe de notre dignité de prêtre, de prophète et de roi ; roi, au service du peuple de Dieu, à l’image de David...
Dans la seconde lecture, Saint Paul dit aux éphésiens : « vous êtes lumière », et il les appelle à se conduire en enfants de lumière, une lumière qui a pour fruits bonté, justice et vérité...
Et cette lumière est un autre signe de notre baptême...
Dans l’évangile, Jésus guérit un aveugle né. C’est un miracle qui sort de l’ordinaire. D’abord parce-que, comme l’évangéliste le fait remarquer, personne n’avait encore guéri un aveugle né. Et ensuite, parce que la plupart des miracles commencent par une demande et un acte de foi, comme dans la guérison du lépreux que nous avons entendu il y a quelques semaines : « si tu le veux, tu peux me guérir ». Ici, Jésus agit en réponse à une simple question des disciples ; « qui a péché pour qu’il soit ainsi ? » …
Jésus guérit l’aveugle gratuitement, pour en faire un signe. Il ne lui rend pas la vue, il la lui donne, et pour cela, il va faire de la boue avec sa salive et la mettre sur les yeux de l’aveugle. Un geste qui peut nous rappeler l’acte créateur de Dieu, au chapitre 2 de la genèse, où il modèle l’homme à partir de la boue du sol...
Mais pour que le miracle soit effectif, l’homme va devoir faire une démarche : aller se laver les yeux. Mais pas n’importe où : à la piscine de Siloé, un nom dont Jean prend soin de nous préciser qu’il signifie « envoyé ». Ce n’est qu’après s’être lavé qu’il verra.
Et l’eau de la piscine vient nous rappeler un troisième signe de notre baptême – qui est plutôt le premier d’ailleurs... Le signe de l’eau par lequel nous entrons dans la vie du Christ, et recevons donc sa lumière.
La suite du texte est étonnante, à commencer par le témoignage que l’homme rend, avec un certain culot, auprès des pharisiens... La chose se passe mal, et il se fait jeter dehors. C’est alors Jésus lui-même qui part à sa recherche et lui pose enfin la question : « crois-tu au fils de l’homme ? ». Lorsqu’il apprend que Jésus lui-même est ce fils de l’homme, il dit « Je crois, Seigneur », et se prosterne à ses pieds...
Ici, c’est la foi de l’homme qui est la réponse au miracle de guérison, et non l’inverse !
Il nous manque encore un signe du baptême... Le vêtement blanc est signe que « nous avons revêtu le Christ »... Mais qu’est ce que cela signifie, si ce n’est d’entrer dans la foi au Christ, le reconnaître comme la lumière des peuples, répondre à son appel, le suivre, et aller là où il nous envoie ? C’est sans doute ce qu’a fait l’homme qui était aveugle.
Les lectures de ce jour nous appellent à nous ouvrir à la lumière du Christ. Nous ne sommes sans doute pas aveugles, pour la plupart d’entre nous, mais nous ne savons pas toujours ouvrir les yeux de nos coeurs... Nous ne savons pas toujours voir les besoins de nos frères et y répondre...
Sachons aujourd’hui retrouver le sens de notre baptême, en étant prêtres, prophètes et rois.
Rois, comme David, dans le service, la justice, la recherche de l’unité...
Prophètes, en sachant témoigner de notre foi en Jésus-Christ, fils de l’homme, et en faisant rayonner sa lumière par notre vie.
Prêtres, enfin, par l’offrande de notre vie, dans la prière et les actes d’amour, petits et grands, qui sont autant de sacrifices agréables à Dieu !
Amen

Gilles Berger Sabbatel

Références des textes liturgiques :
Samuel 16, 1b.6-7.110-13a ; Psaume 22 (23) ; épître de Saint Paul Apôtre aux éphésiens 5, 8-14 ; Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 9, 1-41.