Paroisse Saint Loup


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Fête de la Transfiguration du Seigneur– Année A

5 et 6 août 2017 Eglise de Saint –Paul-de-Varces et église Saint Jean-Baptiste de Vif

Dieu lui-même sera notre récompense

Quand le Christ apparaîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est.
Jésus avait annoncé aux siens l’imminence de sa Passion et des souffrances qu’il allait supporter aux mains des Juifs et des gentils. Et il les avait exhortés à le suivre sur le chemin de la croix et du sacrifice. Peu de jours après ces événements, qui avaient eu lieu dans la région de Césarée-de-Philippe, il voulut fortifier leur foi, car, comme l’enseigne saint Thomas d’Aquin, pour qu’une personne marche sur le bon chemin, il lui faut connaître auparavant d’une certaine façon le but vers lequel il se dirige, « comme l’archer ne lance pas bien la flèche s’il ne regarde pas d’abord la cible où il l’envoie. Et cela est nécessaire surtout quand la voie est accidentée et difficile et le chemin laborieux… Et c’est pourquoi il fut convenable qu’il manifeste à ses disciples la gloire de sa clarté, ce qui revient à se transfigurer, car dans cette clarté il transfigurera les siens. »
Notre vie est un chemin qui conduit au Ciel. Mais c’est une voie qui passe par la croix et le sacrifice. Jusqu’au dernier moment nous devrons lutter à contre courant, et il est fort possible que nous vienne aussi la tentation de vouloir rendre compatible le don de nous-mêmes que le Seigneur nous demande, avec une vie facile et peut-être embourgeoisée, comme celle de tant de personnes qui vivent en ne pensant exclusivement qu’aux choses matérielles. N’avons-nous pas déjà ressenti la tentation de croire que le moment de transformer le christianisme en quelque chose de facile, de le rendre confortable, sans aucun sacrifice, est arrivé ? C’est-à-dire le moment de l’aligner sur les manières commodes, élégantes et communes des autres, avec la façon de vivre des mondains ? Mais il ne doit pas en être ainsi !... Le christianisme ne peut pas se dispenser de la croix : la vie chrétienne n’est pas possible lorsqu’elle veut s’affranchir de la notion de devoir… Si nous essayions d’ôter cela à notre vie, alors nous créerions des illusions et nous affaiblirions le christianisme ; nous le transformerions en une interprétation molle et commode de la vie. Ce n’est pas le sentier que le Seigneur nous a indiqué.
Les disciples auront sans doute été profondément déconcertés par l’annonce de la Passion du Seigneur. Jésus le savait et c’est pourquoi il en conduisit trois, précisément ceux qui devaient l’accompagner dans son agonie de Gethsémani, jusqu’au sommet du mont Tabor pour qu’ils contemplent sa gloire. C’est là qu’il se montra « dans la clarté souveraine qu’il voulut rendre visible pour ces trois hommes, comme un reflet de sa réalité spirituelle d’une façon appropriée à la nature humaine. Car, entourés encore de chair mortelle, il était impossible qu’ils puissent voir et contempler l’ineffable et inaccessible vision de la divinité même, qui est réservée à la vie éternelle pour les hommes au cœur pur » et qui nous attend si nous essayons d’être fidèles chaque jour.
Nous aussi, le Seigneur veut nous réconforter par l’espérance du Ciel qui nous attend, spécialement si le chemin devient difficile ou si le découragement se fait sentir. Penser à ce qui nous attend nous aidera à être forts et à persévérer. Ne manquons pas de faire venir à notre mémoire l’endroit que Dieu notre Père nous a préparé et vers lequel nous marchons. Chaque jour qui passe nous en approche un peu plus. Le passage du temps pour le chrétien n’est en aucune façon une tragédie ; il raccourcit, au contraire, le chemin que nous devons parcourir pour embrasser Dieu définitivement : la rencontre si longtemps attendue.
A quelques jours de la Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, sachons demander à Notre-Dame la capacité d’offrir avec une grande paix intérieure la douleur et la fatigue que chaque jour nous apporte, en pensant à Jésus qui nous accompagne en cette vie et nous attend, glorieux, à la fin du chemin.
Et quand arrivera l’heure où mes yeux humains se fermeront, ouvre en moi, Seigneur, d’autres yeux plus grands pour contempler ta face immense. Que la mort soit une plus grande naissance, le début d’une vie sans fin !

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Daniel VII, 9-10. 13-14 ;
Psaume XCVI (XCVII) ;
Lettre de saint Pierre Apôtre I, 16-19 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu XVII, 1-9.