Paroisse Saint Loup


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Trentième dimanche du Temps Ordinaire – Année A

dimanche 29 octobre 2017, église Saint Jean-Baptiste de Vif

Aimer Dieu, aimer son prochain

« Dans la loi, quel est le grand commandement ? »... Cette question pourrait appeler une réponse simple, et c’est sans doute ce qu’attendent les pharisiens pour pouvoir piéger Jésus...
Mais Jésus apporte une double réponse : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le premier, le grand commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Comment se manifeste l’amour envers Dieu ? Par la prière, certainement. Du temps de Jésus, c’était aussi le culte du temple qui consistait pour une bonne part à sacrifier des animaux. Pourtant, depuis des siècles, les prophètes avaient proclamé au nom de Dieu « c’est la miséricorde que je veux, et non les sacrifices »... Ils ont régulièrement dénoncé l’hypocrisie de ceux qui honorent Dieu en paroles, mais commettent l’injustice, et se désintéressent des pauvres.
A son tour, Saint Jean nous dit « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit est incapable d’aimer Dieu qu’il ne voit pas ». L’amour de Dieu et l’amour du prochain sont donc bien liés, ils sont deux facettes d’une même réalité, l’amour que Dieu a mis en nous, et dont il veut que nous vivions. Et c’est pourquoi Jésus reconnaît le premier commandement comme le plus grand, mais se refuse à le séparer du second.
Dans la lettre aux Romains, Saint Paul nous exhorte à nous offrir nous même en « sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu ». Et Saint Pierre, dans sa première lettre, invite les croyants à offrir des « sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ ».
Dans la constitution sur l’Eglise, le concile Vatican II reprend cette notion de sacrifice spirituels pour définir le sacerdoce commun de tous les baptisés : tous les baptisés participent à l’unique sacerdoce du Christ, par l’offrande de leur propre vie. Ce sacerdoce s’exerce « par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâce, le témoignage d’une vie sainte, et par le renoncement et la charité effective ». Et c’est à travers lui qu’on peut exercer la dignité de prêtre, de prophète et de roi reçue à notre baptême.
Alors, si nous aimons Dieu qui est amour, nous devons à notre tour aimer ceux qu’il aime, c’est à dire aimer tout le monde ! Aimer en premier et sans conditions, parce que Dieu nous a aimé en premier et sans conditions. Aimer sans rien attendre en retour. Aimer tout le temps, sans nous lasser, même quand c’est difficile. Recommencer à aimer, chaque fois que nous nous apercevons que nous n’y arrivons pas. Et aimer avec joie, parce que c’est bien l’amour du prochain qui donne le vrai bonheur !
Parmi les prochains à aimer, il y a, comme nous le rappelle la première lecture, les immigrés... Voici deux ans, le Pape François appelait chaque paroisse à accueillir une famille de réfugiés. Quelques dizaines de paroissiens ont pris cet appel au sérieux, et au printemps dernier, nous avons accueilli Chadn, une femme syrienne, veuve avec trois enfants. La mairie de Varces à mis un logement à disposition, mais nous en payons les charges. Et quelques uns d’entre nous contribuent à cet accueil en donnant de leur temps pour l’accompagnement scolaire des enfants, pour aider Chadn dans ses démarches administratives et à pratiquer le français, une langue dans laquelle elle a fait de rapides progrès ! Chadn est musulmane, mais elle est d’abord une femme cultivée, ouverte et courageuse, qui fait tout son possible pour se prendre en charge par elle-même. Je crois pouvoir dire que, pour beaucoup d’entre nous, elle est maintenant surtout une amie. Nous n’attendions rien en retour de ce que nous donnions, mais nous avons reçu beaucoup.
Un jour, Chadn pourra se loger par elle-même, et elle trouvera certainement un travail. Penser à cela est un espoir, et en même temps un petit déchirement, parce que les liens d’amitié qui se sont construits devront se vivre d’une autre manière ! Et il y aura sans doutes d’autres personnes à aider, peut-être plus difficiles à aimer... Mais à aimer concrètement, sans rien attendre en retour.
A chacun de nous d’être attentif autour de lui. Quelle est la personne a aimer en ce moment ? Celle qui est à côté de moi ? Mon conjoint, mes enfants ? Une personne en situation de pauvreté que je rencontre ? A travers chaque prochain, c’est Jésus lui même que nous avons l’occasion d’aimer – comme il nous l’a dit lui même !
Sachons Lui faire bon accueil, et l’aimer sans cesse et avec joie ! Sans oublier bien sûr la relation avec Dieu lui même à travers la prière et les sacrements, au nombre desquels se trouvent l’eucharistie que nous pourrons recevoir tout à l’heure...
Amen

Gilles Berger Sabbatel, diacre

Références des textes liturgiques :
Exode 22, 20-26 ;
Psaume 17 (18) ;
1ère lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1, 5c-10 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22, 34-40.