Paroisse Saint Loup


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Solennité de la Toussaint – Eglise Saint Jean-Baptiste de Vif

 Heureux les pauvres de cœur…  

En cette fête de tous les saints, l’Eglise nous propose l’évangile des béatitudes. Seul Jésus a pu vivre vraiment ces béatitudes, même si les saints l’ont fait d’une manière ou d’une autre. Ce que Jésus nous propose nous semble donc loin de nos seules possibilités humaines. Et pourtant il nous confie une promesse : « Heureux êtes-vous… » Saint Benoît, à la suite du psalmiste (Psaume XXXIII, 13), nous demande : « Qui est celui qui désire la vie et souhaite des jours heureux ? Si tu lui réponds : c’est moi, Dieu te réplique : si tu veux jouir de la vie éternelle et véritable… cherche la paix avec ardeur et persévérance  ». Plus près de nous, Mère Teresa disait : « Si tu veux la paix dans le monde, va faire la paix dans ta famille  ». La paix est don et pardon ; que le Seigneur avec tous ses saints nous en donnent la grâce !
Mais où est-elle cette montagne sur laquelle, en proclamant les béatitudes, le Christ Jésus a livré l’essentiel de son message ? La montagne, image de la transcendance divine. Le Christ est ce Fils que Dieu a envoyé dans le monde pour le sauver. Ses disciples ne s’y trompent pas. Voyant qu’il s’assied, tel un maître qui va enseigner, ils s’approchent prêts à l’écouter non seulement de toutes leurs oreilles mais de tout leur cœur.
Les béatitudes !
Ni des normes morales, ni un idéal que l’on attendrait au prix d’un héroïsme surhumain. C’est une bonne nouvelle que le Seigneur annonce aujourd’hui. L’ordre des valeurs tel que le monde le conçoit est renversé. Le Royaume de Dieu n’est pas une réalité à venir. Il est présent au milieu de nous. C’est Jésus qui l’inaugure. Et le Père de ce Royaume a un nom merveilleux. Il est l’Amour. Un amour tellement profond, tellement intense qu’il le saisit aux entrailles et le remplit de compassion pour ceux qu’il aime. Telle est la miséricorde dont déborde pour nous le cœur de notre Père.
Les béatitudes !
Nous ne pouvons pas les comprendre par la logique du raisonnement mais par celle du cœur accordé aux sonorités de la Parole de Dieu.
« Heureux les pauvres de cœur… » ! Ceux-là ne comptent que sur Dieu. Ils savent que le bonheur ne se trouve ni dans l’avoir, ni dans le savoir, ni dans le pouvoir comme le monde veut le faire croire. Même les biens spirituels, ils ne les convoitent pas. Leur unique richesse, c’est le Seigneur. De lui, ils reçoivent l’être, le vouloir et l’agir. Il est la source de leur vie et de leur sainteté. Que peuvent-ils chercher d’autre ? Il est toujours avec eux. Ils possèdent le plus grand trésor qu’aucun or ne peut acheter, qu’aucun mérite ne peut gagner.
Je comprends l’attitude sévère de François d’Assise commandant à l’un de ses frères, tout joyeux d’avoir reçu un don pour la communauté, de le jeter aux ordures en prononçant ces paroles : « Argent, voici ton trône ! » Telle est la liberté véritable.
Tous les saints sont pauvres de cœur. Etre pauvre ne veut pas dire être sans ressources, mais être extrêmement réceptif au moment présent et compter sur Dieu pour tout. Les pauvres de cœur ne sont pas tourSeigneur, chaque béatitude est une charte à méditer, à chanter, à prier. Nous ne les avons pas toujours vécues comme notre responsabilité d’enfant du Père nous y invitait. Cela porte atteinte à l’authenticité du message et nous t’en demandons pardon. Nous appuyant sur ta miséricorde, nous implorons de ton Esprit de Sainteté qu’il change notre cœur et le fasse battre à l’unisson du tien pour que nous voyions avec tes yeux et que nous vivions et répandions ton Amour parmi nos frères.
nés entièrement vers eux-mêmes, ne sont pas enfermés dans les privilèges mais sont capables de s’émerveiller, comme le faisait saint François d’Assise face à la Création.
« Heureux les doux… » ! Jésus a bien dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Matthieu XI, 29). Qu’est-elle donc cette douceur ? Ce n’est ni la mollesse, ni l’onctuosité, ni la mièvrerie. Elle est l’aveu de notre dépendance à l’égard de Dieu. Quand faisant notre examen de conscience, nous constatons nos lenteurs, nos chutes, nos résistances sur notre chemin vers le Très-Haut, nous prenons conscience que nous ne soSeigneur, chaque béatitude est une charte à méditer, à chanter, à prier. Nous ne les avons pas toujours vécues comme notre responsabilité d’enfant du Père nous y invitait. Cela porte atteinte à l’authenticité du message et nous t’en demandons pardon. Nous appuyant sur ta miséricorde, nous implorons de ton Esprit de Sainteté qu’il change notre cœur et le fasse battre à l’unisson du tien pour que nous voyions avec tes yeux et que nous vivions et répandions ton Amour parmi nos frères.
mmes rien sans lui. Lui seul peut nous guérir. La douceur ne s’obtient que dans la prière à l’Esprit-Saint afin qu’il nous aide à faire mourir en nous l’amour-propre, l’orgueil, l’envie, c’est-à-dire l’homme ancien.
« Heureux les affligés… ». Ce n’est pas parce qu’ils souffrent mais parce que Dieu se penche sur leur détresse et sur leur souffrance. Jésus, au cours de sa vie terrestre, n’a cessé de consoler, de guérir, d’apaiser. Ce mystère de la souffrance sur lequel butent tant de gens, le Christ lui a donné un sens. C’est le mystère de la Croix. Ce qui était avant signe de malédiction, source d’écrasement et d’anéantissement, Jésus lui a donné une puissance rédemptrice. Si le Seigneur nous associe à sa passion et à sa mort, c’est pour nous associer à sa résurrection, pour qu’avec lui nous entrions dans la Vie qui ne connaît pas de crépuscule.
Et qui sont-ils ces « affamés et assoiffés de justice » ? Est juste celui qui vit selon la volonté de Dieu. Ce sont ceux qui désirent ardemment être saints et pour qui chacune des paroles du Fils est comme un grain de blé qui les nourrit et leur permet de vivre. En savourant cette Parole pour qu’elle pénètre jusqu’à notre cœur, nous laisserons l’Esprit-Saint nous rendre de plus en plus conformes à Dieu.
« Heureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde ». Les miséricordieux sont ceux dont les entrailles vibrent devant la souffrance des autres. C’est l’expression même de la tendresse d’une mère ou d’un père. Or, Jésus nous a révélé que le cœur de son Père est rempli de miséricorde et de tendresse pour ses enfants. La miséricorde est comme le mot de passe pour entrer dans le Royaume. Si nous savons être miséricordieux à l’égard de nos frères, nous sommes sûrs de bénéficier de la miséricorde divine. Quel réconfort !
« Les cœurs purs » verront Dieu parce qu’ils vivent dans son intimité. Déjà ils perçoivent la présence du Tout Autre dans l’Eucharistie. Et plus ils en communient, plus leur cœur est à Dieu. Nulle idolâtrie ne le partage : ni l’amour de l’argent ni celui du pouvoir ou du paraître. Le cœur pur accueil la divine Parole et bat au rythme de son propre cœur. Il est tellement rempli de l’amour des trois personnes divines qu’il voit toutes choses avec les yeux de la foi. L’amour transforme son regard. Il voit le Seigneur. Sa Parole résonne en lui. Il sent Dieu, vit Dieu et tressaille de bonheur.
Aujourd’hui, ce n’est pas la fête d’un saint en particulier, mais de tous ceux qui sont avec Dieu, et nous pensons, dès ce jour, à tous nos proches disparus que nous ne manquerons pas d’honorer demain. Nous leur demandons de nous aider à être pauvres de cœur, avec eux.

Seigneur, chaque béatitude est une charte à méditer, à chanter, à prier. Nous ne les avons pas toujours vécues comme notre responsabilité d’enfant du Père nous y invitait. Cela porte atteinte à l’authenticité du message et nous t’en demandons pardon. Nous appuyant sur ta miséricorde, nous implorons de ton Esprit de Sainteté qu’il change notre cœur et le fasse battre à l’unisson du tien pour que nous voyions avec tes yeux et que nous vivions et répandions ton Amour parmi nos frères.

Père Thibault NICOLET