Paroisse Saint Loup


Sommaire > Vie de la paroisse > Homélies > Premier dimanche de l’Avent, année B

Premier dimanche de l’Avent, année B

dimanche 3 décembre 2017, église Saint Jean-Baptiste, Vif

Veillez !
Veillez, nous dit Jésus dans le passage d’évangile que nous venons d’entendre. Il nous le dit même avec insistance : en 8 lignes, les verbes veiller, ou rester éveillé reviennent quatre fois !
Attention ! Il ne s’agit pas de se coucher tard dans la nuit, comme bien des jeunes le font aujourd’hui, quitte à se lever à midi. Les moines, eux, se couchent à 9h du soir, mais pour se lever à 4h du matin pour prier. C’est leur manière de veiller, mais cela ne doit pas non plus forcément être la nôtre !
Alors, veiller, ça veut dire quoi ? Veiller, ce n’est pas attendre passivement, comme on attend le bus... C’est se tenir prêt, c’est être attentif. Est-ce guetter le retour du Christ à la fin de temps ? Sans doute, mais pas seulement, car Jésus nous visite tous les jours. Nous le rencontrons tous les jours à travers les personnes qui nous entourent, et d’abord à travers les personnes en souffrance, les malades, les pauvres, les immigrés...
Cela ne doit pas nous empêcher de dormir la nuit, nous en avons besoin ! Mais tout de même nous ne sommes pas toujours dans cette attitude, nous ne sommes pas toujours prêts...
C’est ce que constate le prophète Isaïe dans la première lecture : « Pourquoi Seigneur, nous laisses-tu errer hors de tes chemins ? » – et il écrit cela au nom de tout le peuple hébreu...
Cette question rejoint une demande que nous faisons dans la prière du Notre Père... Aujourd’hui, pour la première fois, nous allons dire officiellement la nouvelle traduction de cette prière, et nous dirons, non plus « ne nous soumet pas à la tentation », mais « ne nous laisse pas entrer en tentation ». Dieu ne nous tente pas, comme ça, juste pour nous défier de résister ! Même s’il est prêt à nous pardonner ensuite... Dieu nous laisse libre et il ne va pas non plus nous empêcher de faire ce que nous voulons... Mais avec son aide, et si on le désire, nous pouvons éviter les situations où nous pourrions être tentés... La nouvelle traduction n’est pas encore parfaite, et des théologiens ont écrit de gros livres là dessus, et ils ne manqueront pas d’en écrire encore... Par exemple, selon certains, le mot « tentation » pourrait aussi se traduire par « épreuve »... Mais pour l’instant, vous devrez vous contenter de ces quelques mots...
Mais en tout cas, errer hors des chemins sur Seigneur, c’est manquer d’amour, c’est ne pas être juste. Car Dieu, nous dit Isaïe, vient à nous pour rencontrer celui qui pratique avec joie la justice.
Veiller, c’est donc pratiquer cette justice, qui va certainement bien au delà de rendre simplement à chacun ce qui lui est dû, ne pas le voler, ne pas l’exploiter... Et c’est la pratiquer avec joie, cette justice, pas comme une obligation à laquelle il faut bien se résigner pour échapper à un quelconque châtiment ! Veiller, c’est aussi être attentif aussi à soi : quelle est mon attitude vis-à-vis du frère ? Est-ce que j’ai bien réussi à reconnaître et aimer dans la personne que j’ai rencontrée ?... Et quand on s’aperçoit qu’on a oublié de voir Jésus dans un frère, on peut aussitôt revenir sur le chemin voulu par Dieu, le chemin de l’amour du prochain.
Cette période de l’Avent doit être pour nous une occasion de progresser sur ce chemin. Nous n’attendons pas un Jésus de terre cuite dans une crèche en carton ! Nous rencontrons Jésus jour après jour. Nous le rencontrons dans les personnes que nous côtoyons tous les jours, nos conjoints, enfants, parents, frères et soeurs, voisin, collègues... Dans les personnes qui souffrent, et le pape François nous incite de manière toujours plus pressante à ouvrir nos coeurs aux pauvres, aux réfugiés, aux migrants...
Et nous le rencontrons ici et maintenant, dans les personnes qui nous entourent dans cette église !
Tout à l’heure, au cours de cette célébration, je vous inviterai à vous donner la paix du Christ... N’oubliez pas, en donnant cette paix à votre voisin, de voir Jésus en lui !
Amen

Gilles Berger Sabbatel

Références des textes liturgiques :
Isaïe 63, 16b-17.19b ; 64,2b-7 ;
Psaume 79 ;
Première Lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1, 3-9 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13, 33-37.