Paroisse Saint Loup


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Troisième dimanche du Temps de l’Avent – Année B

Dimanche 17 décembre 2017 église Saint Jean-Baptiste de Vif

Dimanche de la « Joyeuse Attente »

Nous nous réjouissons aujourd’hui avec toute l’Eglise de savoir la venue du Christ si proche. Et c’est un extrait de la magnifique page du prologue de saint Jean qu’il nous est proposé de lire et de méditer. Il s’agit de la présentation de celui que le Seigneur dira être son prophète le plus grand, de celui qui est son précurseur et dont l’humilité nous confond.
Quand on cherche son chemin en voyage, le panneau qui l’indique n’a de valeur que par la précieuse indication qu’il nous livre. Ainsi en est-il de Jean-Baptiste. Il sera le panneau indiquant où trouver Jésus. Ne le désignera-t-il pas à ses propres disciples Jean et André ? Et il n’hésitera pas un instant à les laisser partir à sa suite…
Le Seigneur envoie Jean-Baptiste comme témoin. Celui qui rapporte fidèlement ce qu’il connaît à d’autres qui sont dans l’ignorance. Témoin de la Lumière, il s’imposera par sa vie et son œuvre comme un second Elie, lequel avait profondément marqué son temps. Depuis Malachie, une tradition populaire voulait qu’Elie revienne une seconde fois pour préparer la venue du Messie. Et d’autres, s’appuyant sur le Deutéronome, professaient qu’un grand prophète, suscité du milieu du peuple, surgirait. La personnalité forte du Baptiste intrigue les uns et les autres, et surtout les membres de la Synagogue. On lui envoie prêtres et lévites pour l’interroger : « Qui es-tu ? » Sa réponse est sans équivoque. Il n’est aucun de ceux évoqués. Il nie même être prophète. Il lui aurait pourtant été facile de s’attribuer ce titre. Mais il y a chez lui un tel parti pris d’humilité qu’il se présente tel un instrument de la Parole divine : « Je suis la voix qui crie… ». Ce qui fera dire à saint Augustin : « Jean est la voix dont la Parole a momentanément besoin pour se faire entendre ». Une voix qui crie dans le désert comme aux jours de l’Exode : « Préparez le chemin du Seigneur. »

Certains de ceux venus l’interroger sont Pharisiens, d’où leur insistance : « Si tu n’es ni le Messie, ni Élie, ni le grand prophète, pourquoi baptises-tu ? » Autrement dit : tu usurpes un pouvoir qui ne saurait t’appartenir. Loin de se laisser impressionner, la question va lui permettre de préciser son rôle : « Moi, je baptise dans l’eau », et d’annoncer : « au milieu de vous se tient Celui que vous ne connaissez pas ». Le Christ est là. Le Baptiste le sent. Il en a l’intime certitude. Le Christ vient derrière lui. Le Précurseur n’est même pas digne de se courber à ses pieds pour ôter sa sandale.
Sublime Jean-Baptiste qui s’est montré si digne du Seigneur ! Nous ne pouvons être que dans l’admiration en voyant de quelle manière il a rempli sa mission. Immense prophète, il a rendu témoignage à la Lumière mais en laissant toujours ses auditeurs libres de leur décision. Plus tard, il livrera son secret quand il se déclarera l’ami de l’Époux qui trouve sa joie à le servir, avant de conclure : « Il faut que Lui, il grandisse, et que moi, je diminue. » A travers son attitude, nous pouvons découvrir ce que doit être l’attitude du témoin de la Parole de Dieu. Montrer la Vérité puis s’effacer, car ce n’est pas le témoin qui est important mais le Seigneur, désigné comme étant la Lumière.

Nous sommes, nous aussi, appelés à remplir ce rôle. Le Seigneur veut avoir besoin de nous. Lui, le Tout-Puissant, le Créateur, la Perfection, choisit de se faire connaître à toute l’humanité à travers nos raisonnements limités, nos volontés défaillantes, nos passions déréglées, nos comportements imparfaits… Oui, le Seigneur connaît notre misère. N’a-t-il pas appelé de simples pêcheurs à le suivre ? N’a-t-il pas bâti son Église sur un poltron et un lâche repenti ?
« Soyez mes témoins », telle est la supplication constante de Jésus. C’est ainsi qu’il compte sur les pauvres pécheurs que nous sommes.
Mais par le baptême, par le sacrement de l’Eucharistie, le Christ s’est semé en nous. Il est présent à nos côtés. C’est là le motif de notre joie. Et elle grandira en proportion de ce que nous lui ferons une place de plus en plus grande dans notre cœur et dans notre vie.

Seigneur, sur ce chemin qui nous mène vers la fête de ta Nativité, donne-nous un cœur de plus en plus humble ! Puisse Jean-Baptiste nous aider à être de bons témoins, fidèles guides vers toi, et sachant s’effacer après avoir indiqué la route !

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Isaïe LXI, 1-2a. 10-11 ;
Cantique (Luc I, 46b-48, 49-50, 53-54) ;
Première Lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens V, 16-24 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean I, 6-8. 19-28.