Paroisse Saint Loup


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1er dimanche du temps ordinaire ; année B

Samedi 13 janvier 2018, à St Pierre de Commiers

 Venez, et vous verrez  
Le passage d’évangile d’aujourd’hui fait suite à un passage où Jean-Baptiste présente Jésus à ses disciples, et conclut en disant : « et moi, j’atteste qu’il est, lui, le Fils de Dieu ». Le lendemain, donc, les deux disciples qui accompagnaient Jean se mettent à suivre Jésus. Leur premier échange avec Jésus est surprenant : « Que cherchez-vous ? » demande Jésus. « Maître, où demeures-tu ? » répondent-ils. Jésus répond « Venez, et vous verrez ». Ils n’ont toujours pas la réponse à leur question – et nous non plus, d’ailleurs – mais ils suivent Jésus, ils voient, et ils décident de « demeurer auprès de Jésus ». Ici, sans doute, la demeure dont il s’agit est quelque chose de plus profond qu’une simple question de domicile ! Bien plus loin, dans l’évangile selon Saint Jean, Jésus emploie le même verbe « demeurer » en disant : « demeurez en moi, comme je demeure en vous ! »
Nous avons donc ici deux personnes qui font le choix rapide et radical de suivre Jésus. Mais cela ne s’arrête pas là, André, un de ces deux nouveaux disciples, devient immédiatement missionnaire, en allant partager sa découverte avec son frère Simon, qui deviendra pour nous Saint Pierre...
La première lecture nous raconte l’appel de Samuel... Ici, c’est Dieu qui appelle patiemment Samuel, de nuit. Samuel répond à l’appel qu’il croit venir de son tuteur, le prêtre Eli. Celui-ci a dû passer une mauvaise nuit, car ce n’est que la troisième fois qu’il réalise que l’appel vient de Dieu... Au quatrième appel, Samuel répond : « Parle, ton serviteur écoute »... Samuel deviendra prophète, et c’est lui qui donnera l’onction royale à Saül, puis à David...
Nous aussi, par notre baptême, nous avons été appelés à suivre Jésus. Comme les disciples, nous nous sommes mis en route sans avoir vu... Se mettre à la suite de Jésus, c’est vivre ses commandements. Le grand commandement de l’amour d’abord : aimer Dieu et son prochain. Aimer Jésus en tout homme qui se présente à nous : « ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».
En cette journée mondiale du migrant et du réfugié, nous sommes appelés à regarder plus particulièrement vers l’étranger : « j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli » nous dit encore Jésus. Deux des évangiles nous montrent d’ailleurs Jésus dans cette situation d’étranger : dans l’évangile de Luc, que nous avons entendu dans la nuit de Noël, Marie et Joseph sont deux voyageurs loin de chez eux qui ne trouvent qu’un abri précaire. Jésus vient donc au monde dans une étable. Et dans l’évangile de Matthieu, suite à la visite des mages, les parents de Jésus doivent fuir en Egypte pour échapper à la menace qu’Hérode fait peser sur Jésus !
Alors, quel accueil réservons nous à l ‘étranger ? Des personnes ont fui la guerre, la famine, la misère. Certaines d’entre elles traversent des déserts, puis la mer, puis nos montagnes, dans des conditions parfois très dangereuses. Elles affrontent le risque d’une mort probable en toute connaissance de cause, pour tenter d’échapper à une mort certaine ! Certaines n’ont jamais rien eu, d’autres ont tout perdu... Arrivées chez-nous, doit-on les laisser à la rue, au motif que d’autres misères seraient plus importantes ? Laisserions nous Jésus à la rue ?
Il y a deux ans, le Pape François nous à appelés à accueillir une famille de réfugiés. Sur notre paroisse, une petite équipe s’est mise en route. Depuis le mois de mars, nous accueillons une famille syrienne, une mère de famille veuve avec ses enfants. La commune de Varces a mis un logement à disposition, des paroissiens contribuent financièrement au payement des charges locatives. Certains d’entre eux apportent aussi une aide concrète pour accomplir les démarches, aider à l’apprentissage du français, faire de l’accompagnement scolaire des enfants... Et quelques aides financières que cette femme digne n’accepte que si elle ne peut pas faire autrement !
Aujourd’hui, elle a trouvé un emploi. Un jour, elle pourra se loger par ses propres moyens, et n’aura plus besoin de notre aide – financière ou non. Mais les rapports qui ont été construits avec elle resteront bien vivants, des vrais rapports fraternels, qui vont au delà des différences de culture et de religion !
Au delà de cet exemple, je n’oublie pas que nombre de personnes peuvent être impliquées dans d’autres formes d’action en faveur des migrants. Et je n’oublie pas Nicolas, notre ami Rom qui fait la manche à la porte de l’église de Vif, avec qui nombre de paroissiens ont su établir des rapports fraternels !
A chacun de nous de voir comment il peut se mettre à la suite de Jésus !

Gilles Berger Sabbatel

Références des textes liturgiques :
Samuel 3, 3b-10. 19 ;
Psaume 39 (40) ;
1 Corinthiens 6, 13c-15a. 17-20 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1, 35-42.