Paroisse Saint Loup


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Homélie pour le Saint Jour de Pâques

Dimanche 1er avril en l’église St-Pierre de Varces

Voici donc que nous sommes ici réunis pour Pâques, fête de la Vie et fête de l’Amour ! Et pourtant, l’Evangile que nous venons d’entendre nous parle d’affolement, d’inquiétude et même de peur… Oui, les femmes qui s’étaient rendues au tombeau de Jésus pour embaumer son corps, comme le voulait la tradition, découvrent avec stupeur que le tombeau est vide… Qui a pu enlever le corps ? Où l’a-t-on mis ? Et pourquoi ? Elles ne peuvent se résoudre à cette absence. Elles en avaient besoin pour faire le deuil de leur ami. Les voilà consternées, affolées comme nous le serions nous-mêmes si on nous volait les restes d’un de nos défunts…
Comme beaucoup d’autres absences, cette absence-là fait peur. Et cette peur de l’absence, nous la ressentons au plus profond de nous-mêmes quand nous nous retrouvons face à une place désormais vide ou lorsque nous nous sentons terriblement seuls. Cette peur, nous la ressentons aussi quand nos appuis nous lâchent ou lorsque des ennuis nous atteignent dans notre santé, nos affections ou nos projets. Cette peur du vide existe dans le monde et dans la société quand il n’y a plus de repères, quand les lois sont bafouées et quand la vie et la dignité des personnes ne sont plus respectées. Mais pourquoi parler de ces peurs en cette fête de Pâques alors qu’elle est la fête de la Vie et de l’Amour ? Car elles existent ces peurs ! Parce que, justement, Pâques nous dit qu’au creux même de ces peurs causées par des absences, il y a de la Vie et que cette Vie ne demande qu’à s’épanouir… Ayons alors le courage d’aller plus loin que nos peurs. La foi chrétienne nous invite à croire en une présence de Jésus au-delà du tombeau vide. De même, nous sommes invités à reconnaître tout ce qui permet à la Vie et à l’Amour de s’épanouir. Et n’oublions pas la beauté de tout ce qui rend le monde plus humain comme peuvent l’être des gestes de réconciliation ou encore des actions charitables. Croyons que la souffrance n’est pas une fatalité et qu’un monde sans violence peut exister. Soyons heureux des paroles et des gestes qui redonnent confiance, qui promeuvent la paix et qui remettent debout des blessés de l’existence…
C’est cela Pâques… C’est être attentif à tout ce qui fait refleurir la Vie comme on est curieux d’admirer les premiers bourgeons quand revient le printemps… Dans un monde où les médias ne nous rappellent que trop souvent ce qui va mal, sachons mettre en valeur tout ce qui est beau, vrai, généreux et courageux, ne soyons pas pessimistes, soyons porteurs d’espérance… Si, devant le tombeau vide, les femmes étaient restées là en se contentant de gémir, même les apôtres n’auraient pas su que leur ami leur donnait rendez-vous. Si nous restons les bras croisés, le monde n’aura plus d’espoir… Si nous ne brûlons pas d’amour, le monde finira par mourir de froid… Alors ouvrons nos mains et nos cœurs et l’espérance refleurira ! Brûlons d’Amour et un monde meilleur s’épanouira !
Bonne et sainte Fête de Pâques !

Père Thibault NICOLET

Références des textes :
Actes X, 34a. 37-43
Psaume CXVII
Colossiens III, 1-4
Jean XX, 1-9