Paroisse Saint Loup


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Troisième dimanche de Pâques – Année B

Dimanche 15 avril église Saint Jean-Baptiste de Vif

Vous êtes mes témoins

Vous avez bien entendu le texte d’évangile, et vous avez pu constater que les Apôtres sont vraiment stupéfaits ! Il y a quelques jours, Jésus est mort sur la Croix et aujourd’hui il est au milieu d’eux. Est-ce un esprit ? Jésus les rassure : Il est bien vivant, Il est ressuscité. Pour leur montrer qu’Il n’est pas un esprit, Il leur montre son corps et mange avec eux. Quelle nouvelle bouleversante ! Ils ont du mal à y croire. Jésus leur explique que Sa Résurrection a été annoncée par les Écritures et par les prophètes qui parlaient au nom de Dieu. La promesse que Dieu a faite à son peuple par la bouche des prophètes est réalisée. « C’est vous qui en êtes les témoins » termine Jésus dans le passage de l’évangile. Cette nouvelle est tellement extraordinaire, comment les Apôtres pourraient-ils la garder pour eux ? Ils vont donc la répandre autour d’eux et depuis jusqu’à nous. Ainsi, nous qui n’avons pas vu Jésus, nous croyons parce que nous avons entendu sa Parole, nous communions à son Corps et nous Le rencontrons dans chacun de nos frères. Alors répandons, nous aussi, la Bonne Nouvelle !
Après la Résurrection, le premier jour de la semaine sera désormais considéré par les Apôtres comme le jour du Seigneur, dominica dies, le jour de la victoire définitive sur le péché et sur la mort. C’est pourquoi les premiers chrétiens auront leurs réunions liturgiques le dimanche, constante et universelle tradition jusqu’à nos jours. L’Église célèbre le mystère pascal, en vertu d’une tradition apostolique qui remonte au jour même de la Résurrection du Christ, chaque huitième jour, qui est nommé à bon droit le Jour du Seigneur ou dimanche.
Voilà l’origine du précepte de sanctifier les fêtes, devoir essentiel de l’homme envers son Créateur et Rédempteur. Ce jour consacré à Dieu est marqué par un culte dont le sommet est la participation au sacrifice de la Messe.
En même temps l’Église a établi des fêtes qui commémorent les principaux événements du salut de l’humanité : Noël, Pâques, l’Ascension, la Pentecôte…, et des fêtes de la Vierge, par exemple l’Assomption. De plus, les chrétiens ont célébré dès le début le dies natalis, l’anniversaire du martyre, la naissance au ciel des premiers chrétiens. Les fêtes chrétiennes structurent tout naturellement le calendrier civil, et ainsi l’Église, tout en célébrant ainsi les Mystères de la Rédemption, ouvre aux fidèles les richesses des vertus et des mérites de son Seigneur ; de la sorte, ces Mystères sont en quelque manière rendus présents tout au long du temps, les fidèles sont mis en contact avec eux et remplis par la grâce du salut.
L’origine de la joie de la fête chrétienne, c’est la présence du Seigneur dans son Église, gage et annonce d’une union définitive dans la fête qui n’aura pas de fin. On comprend cette joie qui remplit la célébration dominicale, comme elle se manifeste dans la prière sur les offrandes de la Messe d’aujourd’hui : Accueille, Seigneur, les dons de ton Église en fête : Tu es à l’origine d’un si grand bonheur, qu’il s’épanouisse en joie éternelle. Ces fêtes ne sont pas un simple souvenir du passé, anniversaire d’un événement historique, ce sont des signes qui manifestent et rendent présent le Christ parmi les hommes.
Car la sainte Messe rend Jésus présent dans son Église par un sacrifice de valeur infinie où il s’offre à Dieu le Père dans l’Esprit-Saint. Toutes les valeurs humaines, culturelles et sociales liées à la fête doivent occuper un second plan, chacune doit rester dans son ordre, sans obscurcir ou remplacer ce qui est le plus fondamental. Enrichissent le cadre de la Messe nombre de manifestations de piété liturgique et populaire, - Salut au Saint-Sacrement, processions, chants, élégance, y compris vestimentaire, etc. -… Enrichissons-nous par l’exemple, l’apostolat, pour que le dimanche soit le jour du Seigneur, le jour de l’adoration et de la glorification de Dieu, du Saint Sacrifice, de la prière, du repos, du recueillement, de la joie de se trouver dans l’intimité de la famille ?
Pour conclure, je souhaite citer le Pape François qui, bien à sa manière, nous interpelle à propos de notre baptême, « le jour où nous sommes nés à L’Église ». Dans le « Credo », à travers lequel chaque dimanche nous faisons notre profession de foi, nous affirmons : « Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés ». Il s’agit de l’unique référence explicite à un sacrement à l’intérieur du « Credo ». En effet, le baptême est la « porte » de la foi et de la vie chrétienne. Jésus Ressuscité laissa cette consigne aux Apôtres : « Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » (Marc XVI, 15-16). La mission de L’Église est d’évangéliser et de remettre les péchés à travers le sacrement baptismal. […]
« Je reconnais ». Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est un terme solennel qui indique la grande importance de l’objet, c’est-à-dire du Baptême. En effet, en prononçant ces mots, nous affirmons notre véritable identité de fils de Dieu. Le Baptême est, dans un certain sens, la carte d’identité du chrétien, son acte de naissance, et l’acte de naissance de L’Église. Vous connaissez tous le jour où vous êtes nés et vous fêtez votre anniversaire, n’est-ce pas ? Nous fêtons tous notre anniversaire. Je vous pose une question, que j’ai posée d’autres fois, mais je la pose encore : qui d’entre vous se rappelle de la date de son baptême ? Levez la main : ils sont peu nombreux (et je ne le demande pas aux évêques, pour qu’ils n’aient pas honte…). Mais faisons une chose : aujourd’hui, quand vous rentrez chez vous, demandez quel jour vous avez été baptisés, cherchez, car il s’agit du deuxième anniversaire. Le premier anniversaire est celui de la naissance à la vie et le deuxième anniversaire est celui de la naissance à l’Église. Ferez-vous cela ? C’est un devoir à faire à la maison : chercher le jour où je suis né à l’Église, et rendre grâce au Seigneur parce que le jour du baptême, il nous a ouvert la porte de son Église.
Audience générale, 13 novembre 2013

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Actes des Apôtres III, 13-15. 17-19 ;
Psaume IV ;
Première Lettre de saint Jean II, 1-5a ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc XXIV, 35-48.