Paroisse Saint Loup


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Nativité du Seigneur, messe de la nuit – Année C

Lundi 24 décembre 2018 église Saint Pierre, Saint-Georges-de-Commiers

C’est Noël !

Nous avons entendu le prophète Isaïe nous annoncer une grande joie dans la première lecture. Le peuple qui marchait dans la nuit a vu se lever une grande lumière : un enfant est né ! Oui, notre marche de l’Avent est achevée. Nous pouvons adorer l’Enfant Jésus, le Prince de la Paix. C’est Noël !
Et dans la deuxième lecture, saint Paul vient rappeler à Tite, le compagnon qu’il a mis à la tête de l’Église de Crète, comment la grâce de Dieu s’est manifestée : il a accepté de mourir sur une croix, il nous a aimés jusqu’au bout, il nous a libérés du mal. Désormais, nous pouvons le suivre et faire le bien.
Mais que s’est-il bien passé cette nuit-là à Bethléem ? Saint Luc nous rapporte cet événement incomparable. C’est un enfant qui naît, couché dans un endroit insolite : une mangeoire pour les animaux. Ce sont les bergers qui en sont les premiers avertis. Celui que tout le monde attendait est arrivé, même s’il est difficile de reconnaître le Messie dans cet enfant né sans bruit et dans la simplicité. Cette nouvelle, il faut qu’elle soit connue et que le monde entier puisse laisser éclater sa joie : il est le Fils de Dieu. Nous pouvons nous aussi chanter Dieu en disant, pour la première fois depuis le début de l’Avent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! »
Voici donc le Seigneur Jésus qui naît dans une mangeoire alors qu’il est non seulement le maître et le propriétaire du monde, mais son Créateur, Celui qui fait que tout existe ! Accepter l’indifférence des gens alors qu’il est leur Providence ! Se soumettre au caprice d’un gouverneur alors que toute autorité vient de lui ! Il y a vraiment de quoi perdre toute logique et… la foi. Et il n’est pas étonnant que d’autres religions, qui veulent préserver la dignité de Dieu en faisant de lui le maître incontesté de l’univers depuis le commencement du monde, ne puissent accepter cette humilité qui, pour eux, est une humiliation, un opprobre passible d’un châtiment terrible de la part du Très-Haut.
Et pourtant, c’est Sa voie. Il n’y en a pas d’autre. Elle défie toutes logiques sauf celle de l’amour. Oui, Dieu est Amour. Si nous n’étions pas convaincus de cet amour, nous nous serions révoltés et nous aurions jeté aux orties tous les principes et conseils divins. L’amour est l’alphabet qui nous aide à déchiffrer le langage du Seigneur et alors tout devient clair. La logique du cœur de Dieu nous dit que Jésus ne pouvait pas naître autrement. Il veut que chaque être humain puisse reconnaître en lui sa propre image.
Le Christ naît comme les plus humbles, comme les plus pauvres, comme les plus cachés. Et nous sommes tous appelés à lui ressembler pour accomplir vraiment notre humanité, tous invités à entrer comme lui, Sauveur de ses frères les hommes, en contact direct avec le Père afin de se préparer à l’ultime union avec lui. Attirés par son exemple, tous les témoins de son Évangile, même s’ils ne sont pas nés dans une crèche, se sont débarrassés de leurs biens pour être semblables à lui, libres de tout attachement terrestre.
Nous remplir de toi, Seigneur, vaut tous les trésors du monde. Fais de notre cœur une crèche, pour toi d’abord, et, par toi, pour tous ceux qui sont rejetés hors de chez eux et hors d’eux-mêmes, ceux qui cherchent une bouée de sauvetage dans cet océan d’indifférence humaine où ta barque n’a pas encore navigué.

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques : Livre d’Isaïe IX, 1-6 Psaume XCV (XCVI) Lettre de saint Paul Apôtre à Tite II, 11-14 Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc II, 1-14