Paroisse Saint Loup


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2ème dimanche du temps ordinaire, année C

Dimanche 20 janvier 2019 à Vif, et samedi 19 janvier à Varces

En entendant ce récit du miracle des noces de Cana, on peut facilement en rester au niveau de l’anecdote, et passer à côté de l’essentiel. Jésus à changé de l’eau en vin. Il en a même changé beaucoup : 600 litres à peu près, et du bon vin en plus ! De quoi faire exploser pas mal d’éthylotests ! Ceux qui se battent pour la prévention de l’alcoolisme ne doivent pas apprécier...
Ce miracle peut sembler un tour de force un peu futile : il manque de vin, c’est dommage pour l’ambiance de la fête, mais quand même pas vraiment grave. Mais ce récit n’a pas pour but de nous vanter les qualités de sommelier de Jésus, alors il faut creuser un peu...
On trouve un indice à la fin du récit : « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit ». Saint Jean parle souvent de signe par désigner les miracles, ce qui signifie qu’on peut en cherchant un peu trouver un sens qui nous échappe à première vue...
Et d’ailleurs, voilà un drôle de récit de noces : on parle de quelques invités (Marie, Jésus, ses disciples), des serviteurs, du maître du repas... Le marié n’est cité que comme faire valoir : le pauvre, non seulement il réalise qu’il n’avait pas prévu assez de vin, mais en plus, son vin n’était pas très bon... Et la mariée est complètement absente du récit... Alors, de quelles noces s’agît-il en fait ?
La première lecture nous apporte un nouvel indice : « Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu ». En fait, c’est du peuple Hébreu qu’il s’agit. Depuis très longtemps, les prophètes ont utilisé l’image du mariage pour désigner la relation d’alliance entre Dieu et le peuple Hébreu.
Alors, le récit des noces de Cana devient le récit d’autres noces, d’une autre alliance qui unit Jésus et le peuple de Dieu, le peuple des chrétiens, qui est l’Eglise. Une nouvelle alliance qui surpasse l’ancienne, celle de Dieu avec le peuple Hébreu, mais sans la remplacer, car Dieu reste fidèle à son alliance avec le peuple Juif... Alors l’abondance du vin prend d’autres significations : le vin est abondant, parce que beaucoup sont invités aux nouvelles noces, bien au delà des invités qui étaient prévus à l’origine, il est abondant aussi parce qu’il est le signe des dons que Dieu nous fait – et en particulier des dons de l’Esprit Saint dont nous parle la seconde lecture.
Ce vin nous renvoie aussi au vin d’un autre repas, dont il sera question beaucoup plus tard dans l’Evangile, la coupe du repas de pâques, juste avant la passion du Christ, qui deviendra le sang du Christ versé pour nous.
Mais dans ce récit, Jésus ne fait rien ! Le miracle s’accomplit par sa parole et par son esprit, bien sûr, mais aussi par l’action des serviteurs qu’il envoie remplir des jarres, puiser, porter au maître du repas... Quelle confiance ! Remplir ces jarres devait être un travail considérable : il fallait sans doute d’abord tirer l’eau du puits... Vous imaginez vous en train de tirer 600 litres d’eau du puits pour des gens qui manquent de vin ? Et avoir le culot de faire goûter cela au maître du repas, qui était peut-être leur patron ? Et tout cela parce qu’une femme, qu’ils ne connaissaient peut-être même pas, leur a dit « faites tout ce qu’il vous dira » !
Cette confiance nous rappelle aussi celle d’un enfant qui a osé partager cinq petits pains et deux poissons – son repas, sans doute – avec des milliers de personnes lors de la multiplication des pains...
Jésus a besoin de la confiance des serviteurs, comme de celle de l’enfant, il agit par eux, comme aujourd’hui, il agit encore dans le monde par nous ! Jésus a besoin de nous, il a besoin de notre confiance, pour aller porter son message dans le monde ! Il a besoin de nous pour porter l’amour de Dieu à tous ! Si on a confiance, on peut faire des choses folles à sa demande !
Jésus ne nous laisse pas seuls ! Il est auprès de nous, et il nous envoie l’Esprit Saint... Avec lui, on peut faire des choses extraordinaires !
Amen

Gilles Berger Sabbatel

Références des textes liturgiques :
Isaïe 62, 1-5 ;
Psaume 95(96) ;
1ère Lettre aux Corinthiens 12, 4-11 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2, 1-11