Paroisse Saint Loup


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Solennité de l’Assomption de Notre-Dame

jeudi 15 août 2019 église de Notre-Dame-de-Commiers

Marie, icône de la foi

Au Livre de l’Apocalypse, le signe de la Femme glorifiée, dans les douleurs de l’enfantement, et celui du dragon qui tente en vain de dévorer l’enfant dès sa naissance, manifeste la victoire sur le péché et sur la mort, celle qui a eu lieu au Calvaire grâce au Fils de l’Immaculée.
Quant au psaume XLIV, il est de tonalité messianique : après le combat de l’Agneau-Messie et la ruine de Babylone, viennent les noces de l’Agneau. Et c’est la Vierge Marie, à la droite du Messie, qui accomplit le mystère de l’Épouse de ce psaume.
Il est par ailleurs tout aussi difficile pour nous que pour les Corinthiens d’admettre certaines conséquences de la Résurrection de Jésus. Pourtant, grâce à l’accomplissement de ce Mystère, tout ce qui agit selon la mort sera anéanti. La Vierge de l’Assomption se dresse comme l’icône de la glorification qui nous attend
Cantique de l’inauguration du salut, le Magnificat est aussi celui de l’accomplissement parfait des promesses d’Abraham. Aujourd’hui Marie le chante au terme de sa vie terrestre, désormais glorifiée à la droite de l’Agneau.
L’Assomption de la Vierge Marie n’achève pas pour autant son itinéraire : elle le couronne. Avec le message de l’ange, Marie a reçu de Dieu sa vocation et sa mission. Parce qu’elle est épargnée par le péché originel, Marie n’est pas divisée comme nous : son être et sa mission sont unis dans la vocation qu’elle reçoit de l’Esprit, qui est désigné ici comme le Puissant, Celui qui nous unifie nous aussi pour nous conduire avec Marie dans la gloire du Ciel.
Marie, dans le Mystère de son Assomption, est à proprement parler l’icône de la foi. Elle l’est en premier lieu en tant qu’assumée au Ciel avec son corps et son âme, parce qu’elle représente ainsi le but de toute vie croyante. La foi nous conduit au salut, et le salut nous donne la glorification et la vie éternelle : « je crois en la résurrection de la chair, je crois à la vie éternelle » proclame la profession de foi que nous sommes invités à redécouvrir sans cesse.
La réalité spirituelle de l’icône est de donner la totalité du mystère en une seule représentation. Jamais, quels que soient la scène évangélique ou le mystère représentés, une émotion humaine ne domine : c’est toujours la totalité de la réalité de la foi qui est offerte à la méditation. C’est ainsi que la joie du salut et la souffrance de la croix sont toujours données ensemble et pour Marie. La force et la gravité de sa présence rejoignent les paroles de sa cousine Élisabeth : « Heureuse celle qui a cru aux paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ! »
Marie est icône de la foi dans le Mystère de la Visitation car elle ne peut garder pour elle la merveille que le Seigneur lui réserve. Elle en témoigne de la plus belle des manières par ce cantique d’action de grâce entièrement inspiré par la Parole de Dieu. Héritière des promesses faites à Abraham, héritière de la disposition du cœur des pauvres du Seigneur, héritière de la louange de ses pères, Marie reçoit l’incarnation du Verbe comme nous recevons la vertu théologale de la foi.
Si Marie est l’icône de la foi en son Assomption, c’est qu’elle l’est déjà au Mystère de l’Annonciation : elle reçoit avec foi les paroles de Dieu qui lui sont transmises par l’ange. Alors, grâce à son fiat, en elle s’incarne la Parole de Dieu : ce oui confiant est déjà une profession de foi, une totale disponibilité à l’action de l’Esprit en elle. Et c’est bien la Parole et l’Esprit qui nous ouvrent, à nous aussi, le chemin du salut. L’intimité de Marie et Jésus est entièrement fondée sur la Parole de Dieu. Ne dit-on pas d’ailleurs « écrire une icône »  ?
Enfin, Marie est icône de la foi parce qu’elle représente l’humanité en prière qui attend humblement le salut comme une grâce. L’iconographe n’est pas un artiste au sens ordinaire du terme : il est d’abord un priant. Son travail s’enracine dans la prière et dans le jeûne, dans la méditation de la Parole et dans le silence. La tradition latine représente souvent Marie interrompue dans sa méditation par la visite de l’ange et elle semble n’être totalement elle-même que comme attente de cet instant. Elle est à la fois désir et contemplation de l’œuvre de Dieu selon le chemin qui nous est proposé dans la foi.

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Apocalypse XI, 19 ; XII, 1-6.10
Psaume XLIV (XLV)
Première Épître de saint Paul Apôtre aux Corinthiens XV, 20-27
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc I, 39-56.