Paroisse Saint Loup


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Solennité de la Sainte Trinité 2020, Année A

samedi 06 juin 2020 église Saint François de Sales, les Saillants-du-Gua

Un Dieu en trois Personnes

Dans cet émouvant passage du Premier Testament (première lecture), le Seigneur clame sa tendresse et son amour pour son peuple. Radicalement différent des dieux païens, souvent des éléments de la nature sacralisés, le Dieu des Hébreux apporte une nouveauté absolue. Ce Dieu qui parle par la bouche de Moïse est celui qui fait exister, celui qui fait vivre. Il est aussi celui qui se révèle dans la tendresse et la compassion.
Le Seigneur, qui redit ici son Nom, résiste au rôle de justicier dans lequel nous avons trop tendance à l’enfermer, projetant sur lui notre besoin (parfois justifié) de justice. Il n’est pas celui qui punit une humanité coupable, mais celui qui la conduit sur son chemin de vie en l’invitant à évoluer, à grandir. Car Dieu aime tendrement son peuple, et par là chacun de nous. C’est sa tendresse, et non sa toute-puissance, qui est à l’origine de l’Alliance qu’il propose à l’homme.
Dans la deuxième lecture, nous retrouvons cette magnifique invocation trinitaire, qui a été retenue par la liturgie eucharistique. Elle nous redit la profondeur de l’attachement que Paul porte à sa communauté de Corinthe, même s’il en a beaucoup souffert. L’apôtre prie pour elle et la désire unie dans le Christ. Par-delà les siècles, il nous invite à éprouver ou bien à renouveler cette riche expérience dans la vie communautaire, et à la vivre au dehors, en toute relation humaine et fraternelle.
Nous célébrons en ce jour la Trinité, un seul Dieu en trois Personnes, l’un des mystères les plus ardus de la foi chrétienne, qui suscite bien des questionnements chez les non-chrétiens et chez les chrétiens eux-mêmes. Une piste de réflexion ou de méditation peut s’offrir à nous via le prisme de la relation.
Car l’homme est un être de relation, et nous le savons d’expérience. Ce qui nous permet de nous sentir vraiment vivants est bien la qualité de nos relations : relations avec nos frères humains, avec les animaux, avec la terre et avec le cosmos dans son intégralité. Mais aussi, et surtout, relation avec ce qui nous dépasse et ce qui nous fonde à la fois, avec le transcendant, le sacré, le divin.
C’est lorsque nous sommes en relation avec les autres, avec le Tout Autre, et ainsi avec ce qu’il y a de plus intime en nous-mêmes, que nous sommes heureux. Comme si le courant relationnel était trine, passant indéfiniment de soi à l’autre, de soi à Dieu. La relation trinitaire entre le Père, le Fils et l’Esprit est, par analogie, du même ordre : un courant d’amour continu et infini entre les Trois Personnes du Dieu unique.
Le Christ johannique assure la vie éternelle à celui qui croit en lui. Mais qu’est-ce que la vie éternelle ? Le catéchisme de l’Église catholique affirme en son numéro 1023 : « Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiés, vivent pour toujours avec le Christ. Ils sont pour toujours semblables à Dieu, parce qu’ils le voient tel qu’il est (1 Jean III, 2), face à Face (1 Corinthiens XIII, 12) ».
Entrer dans la vision immédiate de Dieu, le contempler face à Face, suppose que l’âme soit entièrement dans le Christ, qu’elle est devenue le Corps du Christ. Et le Christ est tout en tous. De cette union vivante, directe et totale, résulte l’unique subsistance de l’Amour. Or l’Amour, c’est la vie même de Dieu, la communion parfaite de la Trinité dans laquelle toutes les âmes sont incorporées. « Le ciel est la communauté bienheureuse de tous ceux qui sont incorporés au Christ » (CEC n°1026). Ainsi subsiste de l’homme ce qu’il a donné et ce qu’il a reçu, en d’autres termes son être relationnel, qui est amour…

Père Thibault NICOLET


Références des textes liturgiques :
Livre de l’Exode XXXIV, 4b-6. 8-9 ; Cantique de Daniel (III, 52,53,54,55,56) ;
Deuxième Lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens XIII, 11-13 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean III, 16-18