Paroisse Saint Loup


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Carême 2020

1er mars 2020

Homélie pour le mercredi des Cendres 2020

mercredi 26 février église Saint-Jean-Baptiste, Vif

Des cendres pour croître en vérité

Les cendres seront ce soir reçues en partage pour mieux nous unir à ceux qui sont désespérés ou abandonnés. Prenons la résolution d’entrer dans un vrai carême de 40 jours pour vivre ce temps de l’exode, de l’enfantement qui nous conduit aux jours où la vie triomphera de la mort. Portons aussi les chrétiens persécutés dans notre prière et notre offrande pour leur manifester, par nos efforts et par nos dons, la proximité de ceux qui sont unis au Christ et qui savent que c’est bien lui qui donne la vie.
Le livre de Joël invite l’homme à lire les appels de Dieu contenus dans les événements douloureux. Quand les hommes se trouvent dépouillés de tout, qu’ils fassent acte de repentance en le signifiant par le jeûne. Dieu saura répondre favorablement à leur prière.
Le psaume 50 exploite lui aussi le thème de la repentance. Il était jadis très utilisé dans la liturgie des morts. Il est mis sur les lèvres du roi David après son adultère avec Bethsabée et le meurtre de son époux. C’est un appel personnel de Dieu à la miséricorde.
Dans la deuxième lecture, Paul rappelle que le salut est réalisé dans et par le Christ, lui qui s’est « identifié au péché des hommes ». Grâce à lui nous sommes sauvés. Devenus « justes » par grâce, il nous faut agir pour ne pas laisser sans effet le don du Christ.
Quant à la page d’évangile proposée pour cette entrée en Carême, il s’agit d’un extrait du sermon sur la montagne, charte de la nouvelle Alliance. Jésus y parle de l’aumône, du jeûne et de la prière, modalités de notre entraînement spirituel pendant toute cette période liturgique. Sachons le vivre sous le regard du Père et dans l’esprit de l’Evangile.
Voici venu le temps de la pénitence pour que nous nous préparions, catéchumènes et pénitents, à l’élévation glorieuse du Seigneur juste après les heures douloureuses de sa Passion. Cette pérégrination vers le Calvaire est amorcée par une journée de jeûne, de prière et de partage, pour nous mettre dans les conditions du dépouillement, afin d’être réellement enrichis par Celui qui donne la Vie.
La liturgie prévoit alors de le manifester avec ce signe évocateur consistant à imposer des cendres sur nous, comme au temps de l’Ancienne Alliance, lorsque qu’une pénitence efficace, publique et significative voulait être vécue. C’est ainsi que cette imposition vient marquer notre front afin de nous rappeler notre petitesse et nos limites, afin d’accepter de grandir selon la volonté de Dieu pour entrer dans son éternité en abandonnant ce qui fait notre imperfection. Nous serons alors épurés par le feu de la charité que le Christ offrira au monde entier sur la Croix, et qu’il partagera en nous ouvrant la voie de la vie éternelle et définitive dans sa Résurrection.
Que par le jeûne, nous puissions mieux nous unir à ceux qui seront plongés dans le bain baptismal et qui, dans ces derniers temps, entrent inexorablement dans les tentations du désespoir ou de l’abandon. A leurs côtés, nous-mêmes, baptisés, et donc pécheurs pardonnés, païens convertis, déjà réconciliés, nous voulons les encourager en nous associant à leur combat, tout comme nous voulons mieux nous unifier en associant notre corps au combat de l’esprit, libérant ainsi provisoirement l’âme des pesanteurs de la chair. Elle prend la première place en cette journée particulière, où nous voulons porter la terre entière. Le jeûne offre un temps supplémentaire pour la prière en la stimulant et en l’honorant d’une humble privation pouvant souvent prendre l’allure d’une impossible offrande. Retrouvant le chemin plus direct de l’unification à Dieu, par le jeûne et la prière, nous déclenchons inexorablement le partage de la joie et des biens que nous abandonnons pour mieux les donner à ceux qui en ont le plus besoin. Privation, prière et partage seront donc les ingrédients d’un carême réussi, d’un carême qui nous conduit jusqu’aux jours où la Vie triomphe de la mort par l’Amour.
Portons donc bien dans notre prière ces catéchumènes qui, de façon providentielle, ont été touchés par la grâce du Sauveur sur laquelle ils veulent ancrer leur nouvelle vie en étant bientôt plongés dans sa mort et sa résurrection. Prenons bien garde à ne pas en perdre sur ce chemin vers le Sacrement, à cause de notre indifférence, de nos fautes ou de notre manque de fraternité, comme si, à notre tour, nous n’étions pas changés, sauvés et illuminés par le Christ notre Seigneur, Lui, le Chemin, la Vérité et la Vie.

Père Thibault NICOLET


Références des textes liturgiques : Livre de Joël II, 12-18 Psaume L (LI) Deuxième Épître aux Corinthiens V, 20-21 ; VI, 1-2 Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu VI, 1-6.16-18

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