Paroisse Saint Loup


Sommaire > Archives > Lundis de la foi > Vatican II

Vatican II

Thème de l’année 2005

Pendant quatre années, du 11 octobre 1962 au 8 décembre 1965, le concile Vatican II a été un événement important pour notre Eglise. Mais qu’en retenons nous aujourd’hui ?

Les cinq soirées des lundis de la foi consacrées à Vatican II ont permis d’aborder un certain nombre de thèmes du concile, répondant aux questions des participants. Notons que nous n’avons pas abordé la question de la Parole de Dieu (abordée l’année précédente), ni la question de l’oecuménisme, qui demanderait de plus longs développements et fera très certainement l’objet d’une prochaine édition des lundis de la foi...

Les conciles dans l’histoire de l’Eglise

Un concile oecuménique est une assemblée d’évêques du monde entier, ayant pour but de définir des points de dogme, de morale, ou d’organisation de l’Eglise. On compte 21 conciles, ayant pour but le plus souvent de trancher un point de doctrine qui faisait l’objet d’une controverse, mais aussi de prendre des décision en matière d’organisation ou de discipline interne de l’Eglise, voire de relation avec les pouvoirs politiques.

Les quatre premiers conciles ont essentiellement précisé les bases de la foi chrétienne, et sont reconnus par l’ensemble des églises chrétiennes (catholiques, orthodoxes, protestants, anglicans). Le schisme entre orthodoxes et catholiques a eu lieu après le huitième concile (Constantinople IV).

Le concile de Trente, au 16ème siècle, a été le concile de la contre-réforme catholique, faisant suite à la réforme protestante. On lui doit en particulier l’unification de la liturgie romaine, avec la définition du rite que l’on a connu jusqu’à Vatican II. Le concile de Vatican I, au 19ème siècle, s’est intéressé aux rapports entre raison et foi, et a proclamé le dogme de l’infaillibilité pontificale.

Vatican II

Le concile Vatican II a été voulu par la pape Jean XXIII pour une reformulation de la doctrine, et un renouveau de l’Eglise face à un monde qui change. Il s’est ouvert le 11 octobre 1962, après trois ans de travaux préparatoires.

Après la mort de Jean XXIII, le 3 juin 1963, Paul VI lui a succédé le 21 juin, et a décidé de poursuivre le concile en étendant ses objectifs à l’unité de tous les chrétiens et au dialogue de l’Eglise avec les hommes d’aujourd’hui.

Les textes du concile sont au nombre de 16 :

- quatre constitutions, qui énoncent des grands principes :

  • La constitution sur la sainte liturgie (Sacrosanctum Concilium),
  • La constitution dogmatique sur l’Eglise (Lumen Gentium),
  • La constitution dogmatique sur la révélation divine (Dei Verbum),
  • La constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps (Gaudium et Spes).

- neuf décrets, qui fixent l’application d’une ou plusieurs constitutions dans un domaine spécifique.

- trois déclarations, qui sont des textes moins importants sur la plan canonique, mais souvent très novateurs.

Parmi les sujets abordés par le concile, quatre ont plus particulièrement retenu notre attention : la place des laïcs dans l’Eglise, les rapports avec les autres religions (en lien avec la question de la liberté religieuse), la liturgie, et l’Eglise dans le monde de ce temps.

La place des laïcs dans l’Eglise

Ce sujet est plus particulièrement traité dans la constitution dogmatique sur l’Eglise, ainsi que dans le décret sur l’apostolat des laïcs. Dans l’Eglise catholique, on appelle laïc tout baptisé qui n’est pas ordonné, et n’est donc pas évêque, prêtre ou diacre.

Les laïcs forment donc une partie importante de l’Eglise - et pas seulement du point de vu numérique ! Les laïcs ont, nous dit le décret sur l’apostolat des laïcs, un rôle propre et absolument nécessaire dans la mission de l’Eglise. De par leur présence dans tous les domaines de la société, les laïcs sont particulièrement appelés à témoigner de l’Evangile partout où ils sont, par leur vie, ainsi que par la parole. Pour cela, toutes leurs activités doivent être inspirées par l’Evangile. Chacun doit aussi utiliser et développer les qualités et les dons qu’il a reçus.

L’apostolat des laïcs s’exerce dans la société, qu’il vise à renouveler pour la rendre plus fraternelle, mais aussi dans la famille, et au sein de l’Eglise elle-même, où les laïcs peuvent être appelés à différents niveaux de responsabilité.

Liberté religieuse, et rapport avec les autres religions

Au début des années 60, la liberté religieuse est une préoccupation pour l’Eglise : l’Europe est coupée en deux par le rideau de fer, au delà duquel les régimes communistes entravent la liberté des cultes. Mais l’Eglise ne peut pas revendiquer la liberté du culte pour ses propres fidèles, sans se livrer à une réflexion en profondeur sur la liberté religieuse en général : c’est l’objet de la déclaration sur la liberté religieuse (dignitatis humanae). Ce texte affirme très clairement que tout homme a droit à la liberté religieuse, et que la Vérité "ne s’impose que par la force de la Vérité elle-même". Cette liberté se fonde sur la dignité humaine, et sur le fait que Jésus-Christ n’a jamais cherché a imposer la Vérité à ses contradicteurs. La déclaration réprouve toute forme de contrainte, tout en reconnaissant que l’Eglise a pu exercer de telles contraintes dans le passé, et agir ainsi, d’une manière "contraire à l’esprit évangélique".

Le rapport avec les autres religions est plus particulièrement abordé dans la déclaration sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes (Nostra aetate).

Dieu appelle tout homme au salut : catholiques, chrétiens non catholique, et tous ceux qui cherchent Dieu d’un coeur sincère. Dans le dialogue avec les autres religions, la déclaration Nostra aetate appelle à rechercher ce qui rapproche, et non ce qui divise, et reconnaît ce qu’il y a de vrai et de saint dans les religions, et la part de la Vérité qu’elles détiennent. Parmi ces religions, l’Islam et le Judaïsme nous sont plus particulièrement proches. Nostra Aetate rappelle alors que le christianisme tire ses racines de l’héritage juif, et que le Christ et les apôtres étaient juifs.

La liturgie

La constitution sur la sainte liturgie (Sacrosanctum concilium)
a été le premier texte approuvé par le Concile, le 4 décembre 1963.

La liturgie est source et sommet de la vie de l’Eglise. La grâce du Seigneur s’y manifeste et aide les fidèles à grandir sur le chemin de la sainteté. Pour autant, elle n’est pas la seule activité de l’Eglise, et ne s’adresse pas aux personnes qui n’ont pas encore rencontré le Christ.

La réforme de la liturgie (encore appelée restauration) a été l’aboutissement de décennies de recherches précédant le concile. Elle a trois objectifs : Recentrer la messe sur le mystère pascal (Jésus-Christ, mort et ressuscité), donner plus d’importance à la Parole de Dieu, permettre une participation "pleine, consciente et active" des fidèles à la liturgie.

A cette fin, la constitution prévoit une simplification des rites, pour les rendre plus facilement compréhensibles, et elle autorise l’emploi de la langue du pays - sans pour autant préconiser l’abandon du latin !

L’église dans le monde de ce temps

La constitution sur l’Eglise dans le monde de ce temps (Gaudium et spes) a été vôtée le dernier jour du concile, le 7 décembre 1965. Dès le préambule le texte affirme l’étroite solidarité de l’Eglise avec l’ensemble de la famille humaine.

Dans la première partie, le texte aborde un certain nombre de questions de fond : la dignité de la personne humaine, le mystère de la mort, l’athéisme, l’égalité, la justice, l’activité humaine, le rôle de l’Eglise dans le monde de ce temps...

La seconde partie, intitulée "de quelques problèmes plus urgents" aborde plus en profondeur, mais aussi de manière plus concrète, un certain nombre de questions :

- dans le domaine de la famille : sainteté du mariage
et de la famille, valeur de l’amour humain. Appel au respect de la vie humaine - et condamnation de l’avortement et de la contraception...

- dans le domaine de la culture : rapports entre foi et culture, droit de tous à la culture...

- dans le domaine économique et social : dignité du travail. Chacun a le devoir de travailler, et a droit au travail. Le développement doit rester sous le contrôle de tous, et non d’une minorité. Refus des discriminations. La rémunération doit fournir les moyens d’une vie digne. Liberté syndicale, et droit de grève, La propriété n’est pas illégitime, mais tout homme doit pouvoir disposer des biens qui lui sont nécessaires.

- dans le domaine politique : droits de la personne, rejet des totalitarismes. La politique doit être au service de l’homme. Mise en valeur de l’engagement politique. Indépendance entre l’Eglise et les pouvoirs politiques.

- la sauvegarde de la paix et la construction de la communauté : face à un monde où règnent de grandes tensions internationales, le concile rappelle que la paix ne se résume pas à l’absence de guerre, basée sur l’équilibre des forces en présence. Il condamne fortement la barbarie de la guerre et appelle les chrétiens à travailler avec tous les hommes à consolider la paix, dans la justice et dans l’amour.

En savoir plus

En cinq soirées nous n’avons pu traiter que très partiellement les sujets abordés par le Concile, et ce texte n’est encore qu’un résumé de ces cinq soirées...

Pour en savoir plus sur Vatican II, une possibilité est d’en lire les documents : ils peuvent être trouvés sur le site du Vatican, et ont également publiés chez Bayard. Disons tout de suite qu’ils ne sont pas forcément d’une lecture très facile, mais il ne faut pas se laisse rebuter par la taille de l’ouvrage imprimé (près de 1200 pages !), car celui-ci contient les versions françaises et latine des textes, et plus de 350 pages de tables et d’index.