Paroisse Saint Loup


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Deuxième dimanche du Temps de l’Avent – Année B

Homélie du dimanche 10 décembre 2017 église Saint-Pierre de Varces

Jésus annoncé

Le prophète Isaïe s’adresse ici à ses frères qui, depuis une quarantaine d’années, attendent un retour prochain à Jérusalem, sans savoir quand il aura lieu. C’est un nouvel exode qui se dessine, non à travers la mer, mais dans le désert, où les obstacles se changeront en joies, car Dieu les attend à Sion. La consolation, fruit d’une parole forte, porte en elle un projet d’avenir, un futur qui, en dépit des circonstances, fait vivre aujourd’hui comme un moment qui a du sens.

Quand le quotidien vient démentir nos rêves, il est bon de nous remettre en perspective et d’envisager notre relativité, non pour sombrer dans la mélancolie et la résignation, mais pour vivre notre impermanence dans la lumière de Dieu. Son Royaume est création nouvelle qui advient dans ce que nous faisons, dans ce que nous envisageons pour répandre la justice autour de nous et non dans un ailleurs merveilleux. En ce deuxième dimanche d’attente, où nous entendons la voix du Baptiste qui crie dans le désert en annonçant la venue du Messie, nous pouvons nous laisser interpeller par la première phrase de l’évangile de Marc. A eux seuls, ces quelques mots résument et magnifient la foi chrétienne, dans une fulgurance inouïe.

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Si le lion symbolise traditionnellement l’évangéliste Marc, sans doute en référence à l’animal qui vit dans le désert (lieu où commence l’Évangile), il est aussi une figure magnifique de son écriture brève, réaliste et vigoureuse. En effet, en quatre substantifs seulement, Marc dévoile le projet de Dieu. Il évoque d’abord le commencement de l’Évangile, dont le terme grec signifie littéralement la Bonne Nouvelle. Et en effet, c’est bien une heureuse nouvelle qu’Isaïe (1ère lecture) et après lui le Baptiste annoncent : celle de la venue imminente de Dieu dans le monde des hommes. Jésus, Christ, Fils de Dieu. Tout est dit en quatre mots ! L’Incarnation de Dieu en un homme, Jésus, le Messie (Christ) attendu d’Israël. A un moment de l’histoire, Dieu fait irruption dans le monde des hommes : Jésus naît. Il est le Messie que les Juifs espèrent depuis des siècles, mais il ne sera pas un Messie guerrier. En son être même, Jésus incarne la Bonne Nouvelle, celle de Dieu qui s’anéantit pour devenir l’un de nous, pour apporter le salut à tous les hommes, sans exception (Dieu veut que tous parviennent à la conversion, 2ème lecture). Puissions-nous poursuivre avec joie ce temps de l’Avent qui nous prépare à l’inouï de l’Incarnation de Dieu…

Les nations glorifient Dieu à cause de sa miséricorde, selon qu’il est écrit : « Il paraîtra, le rejeton de Jessé, celui qui se lèvera pour gouverner les nations, et c’est en lui que les nations mettront leur espérance. » Isaïe XI, 10

Cet extrait de l’Épitre de saint Paul aux Romains (XV, 9.11) ne fait pas partie des lectures de ce dimanche mais nous permet toutefois de mieux nous faire goûter à la beauté de ce Temps de l’Avent. Dans ce passage, saint Paul montre que le salut promis en premier lieu aux Juifs est ouvert à toutes les nations. Il s’appuie pour le prouver sur des prophéties de l’Ancien Testament, et notamment sur celle d’Isaïe qui annonçait que le Messie serait descendant de Jessé (père du roi David) et régirait les nations (Isaïe XI, 10). Ainsi, Isaïe annonçait déjà la royauté de Notre-Seigneur sur les peuples jadis païens.

D’autres prophéties ont décrit avec bien des détails le Messie attendu, facilitant sa reconnaissance au moment de sa venue sur la terre. Le prophète Michée, par exemple, a annoncé le lieu de sa naissance en disant : « Et toi, Bethléem, de toi sortira celui qui doit régner sur Israël. » (Michée V, 1)

Isaïe prédit également comment sera conçu l’Envoyé de Dieu : « La Vierge concevra, et elle enfantera un fils, et son nom sera Emmanuel » (Isaïe VII, 14). Il lui donne d’autres noms pour manifester clairement son humanité et sa divinité : « Un enfant nous est né, un fils nous est donné. L’insigne de son empire est sur son épaule, et on l’appellera de son nom : Ange du grand conseil, Dieu fort, Père éternel, Prince de la Paix » (Isaïe IX, 5).

Enfin, Daniel indique le temps de sa venue, à savoir soixante-dix semaines d’années après la reconstruction du Temple de Jérusalem (cf. Daniel IX, 24). Si les prophéties ont affermi l’espérance des justes de l’Ancien Testament, elles sont pour nous, aujourd’hui, une preuve irréfutable que Jésus-Christ est bien l’envoyé de Dieu qui a été annoncé par une suite d’hommes depuis la création, constamment et sans variation.

Ô Jésus, toi qui m’as donné tant de preuves de ton origine divine, je crois en toi, j’espère en toi.

Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez-nous !

Ah ! Descendez ! Hâtez vos pas, sauvez les hommes du trépas, secourez-nous, ne tardez pas. Seigneur, vos saints oracles à tous les siècles étonnés promirent ces miracles : venez, venez, venez ! Cantique Venez divin Messie

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Isaïe XL, 1-5. 9-11 ;
Psaume LXXXIV (LXXXV) ;
Deuxième Lettre de saint Pierre Apôtre III, 8-14 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc I, 1-8.