Paroisse Saint Loup


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Homélies

6 novembre 2018

Commémoration de tous les fidèles défunts – Année B

Vendredi 02 novembre 2018 église Saint Jean-Baptiste de Vif

L’heure de la mort

La Commémoration des fidèles défunts, le 2 novembre, est l’occasion de prier pour tous les défunts et de méditer sur ce qu’est la mort chrétienne. Unie à celle du Christ, elle est une remise entre les mains du Père.
De plus en plus de chrétiens, et c’est à déplorer, meurent sans l’assistance des sacrements et l’on évite même parfois volontairement d’appeler un prêtre à leur chevet pour « ne pas les effrayer ». Il semble qu’on ait perdu le sens chrétien de la mort. Et c’est pourquoi il convient d’en reparler, spécialement en ce 2 novembre, où nous prions pour « nos morts ».
Il faut reconnaître qu’une certaine prédication sur la mort, notamment au XIXème siècle, a été parfois de fort mauvais goût et nous a rendu la méditation sur ce sujet relativement insupportable. Mais ce n’est pas une raison pour ne plus la regarder en face, car la mort, elle, nous fait toujours face ; il faut au contraire chercher à en donner un éclairage théologique plus adéquat. Comment parler de la mort chrétienne sans dévaloriser la vie ? Que représente donc la mort pour un chrétien ? Comment la « vivre », si l’on peut dire ?
Pour comprendre la signification de la mort dans une lumière proprement chrétienne, il faut commencer par contempler la mort de Jésus. L’heure de notre mort ne peut être éclairée vraiment qu’à la lumière de la sienne.
Or ce qui caractérise sa mort, c’est qu’elle est portée par un acte d’amour infini et tout-puissant. En tant qu’homme, le Christ meurt vraiment sur la croix ; mais en tant que Dieu, il assume cette séparation mortelle entre son âme et son corps, et c’est sa vie divine qui a le dernier mot. Au moment où Jésus meurt sur la croix, la mort d’un homme se trouve ainsi, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, unie à la vie divine, et donc à l’amour éternel de Dieu. Pour la première fois, la mort cesse donc d’être quelque chose de purement négatif pour devenir l’expression la plus ultime de l’amour de Dieu pour nous : « Nul n’a de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean XV, 13).
Le Christ, en acceptant dans l’obéissance à son Père de mourir pour sauver chacun d’entre nous, a fait ainsi de sa mort une occasion unique de manifester son amour. Humainement, personne ne peut faire ça. On ne peut pas mourir pour montrer à quelqu’un qu’on l’aime. Ce serait de la pure folie, car la mort implique la disparition de l’individu, alors que l’amitié suppose la présence. Mais le Christ, parce qu’il est Dieu et pas seulement homme, demeure présent malgré sa mort, et il peut ainsi utiliser sa mort pour manifester l’absolu de son amour pour son Père et pour nous.
Le propre de la mort du Christ est que l’amour divin est plus fort que la mort. Il en résulte par la suite que toute mort unie à celle du Christ, par la grâce, participe en quelque sorte, au même mystère.
Certes, après la mort du Christ, la mort n’a pas disparu. Apparemment, notre condition humaine n’a pas changé. Nous sommes toujours aussi mortels qu’avant la Croix et la Résurrection, et cela durera jusqu’à la fin du monde. Mais la mort a changé de signification. Unie par la grâce à celle du Christ, elle est désormais portée par l’amour infini de Dieu et peut, de ce fait, devenir une victoire d’amour et non plus seulement un échec. Pour le disciple du Christ, la mort est devenue l’occasion d’entrer dans l’intimité de Dieu, selon la promesse de Jésus au Bon Larron : « Aujourd’hui tu seras avec moi au paradis » (Luc XXIII, 43).
La mort est enfin la rencontre de deux libertés, celle de Dieu et la nôtre. C’est en effet une libre décision de la part de Dieu (même si on peut avoir l’impression, de l’extérieur, que c’est telle maladie ou tel accident qui en est la cause) et c’est, dans une certaine mesure, une libre acceptation de l’homme à qui il revient de dire son dernier « oui » à Dieu. L’homme meurt, qu’il le veuille ou non, bien sûr ; mais il lui revient plus ou moins consciemment d’acquiescer ou non à la volonté de Dieu, et de choisir ainsi la manière dont il meurt : dans le refus ou dans l’abandon aimant.

« Heureux ceux qui s’endorment dans le Seigneur. »

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Livre de Job XIX, 1. 23-27a ; Psaume CII (CIII) ;
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains VIII, 31b-35. 37-39 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean V, 24-29

6 novembre 2018

Solennité de Tous les Saints – Année B

Jeudi 01 novembre 2018 église Saint-Pierre de Varces

Martyrs et saints, ferments d’unité

La Toussaint, à l’origine commémoration de tous les martyrs, puis étendue aux autres saints, est une fête partagée par les catholiques, les orthodoxes et les catholiques orientaux – qui la célèbrent le dimanche après la Pentecôte -, mais aussi par les anglicans et de plus en plus d’Eglises de la Réforme. Martyrs et saints sont ainsi reconnus comme ferments d’unité.
« L’œcuménisme des saints, des martyrs, est sans doute le plus convaincant », écrivait saint Jean-Paul II dans la lettre apostolique sur la préparation du Jubilé de l’an 2000, Tertio millenio adveniente. On oublie souvent que dans le martyre – et cela est particulièrement vrai au XXème siècle -, les saint « sont un », comme le Christ l’a demandé à son Père et nous l’a commandé.
L’expression « l’œcuménisme des saints, des martyrs » peut être comprise de deux façons. Pour s’en tenir à l’œcuménisme des martyrs (mais ceci vaut également des saints non martyrs), il s’agit d’une part de l’unité vécue par des chrétiens de différentes confessions dans la persécution et la mort pour le Christ ; il s’agit d’autre part, dans la recherche de l’unité, du rôle que peuvent jouer la mémoire et la reconnaissance mutuelle de la sainteté des martyrs connus ou inconnus de toutes les confessions chrétiennes.
Pour le premier sens, on peut, on doit parler de cet œcuménisme des martyrs comme de l’une des grandes grâces de la réalité du martyre au XXème siècle et au début du XXIème siècle. Saint Jean-Paul II l’a exprimée de façon très forte lors de son discours au Colisée du Vendredi Saint 1994, à la fin du Chemin de Croix médité par le patriarche œcuménique Bartholomée Ier : « Nous sommes unis dans ces martyrs entre Rome, la « Colline des croix » et les îles Solovki et tant d’autres camps d’extermination. Nous sommes unis sur la toile de fond des martyrs, nous ne pouvons pas ne pas être unis. »
Cet œcuménisme est bien sûr celui de la souffrance mais aussi de la prière, de l’entraide, du témoignage commun donné. Les exemples sont nombreux, en particulier dans les prisons et camps nazis et dans le Goulag.
Les jeunes suppliciés de Munich du groupe « La Rose Blanche », tous animés par la même foi chrétienne, étaient catholiques, protestants et orthodoxe. A Lübeck, dans le nord de l’Allemagne, un pasteur et un prêtre montèrent ensemble vers la guillotine en chantant leur amour du Christ après avoir prêché contre la barbarie hitlérienne dans leurs églises. Le Père Angeli, survivant de la baraque 26 du camp de Dachau, raconte : « Prêtres catholiques de tous les pays, pasteurs protestants et popes orthodoxes, nous avons appris à découvrir ce que sont vraiment la vie et la foi. »
Il en fut de même au Goulag, comme en témoigne ce récit des îles Solovki : « Unissant leurs efforts, un évêque catholique encore jeune et un vieillard émacié et décharné à la barbe blanche, un évêque orthodoxe antique par les jours mais vaillant par le courage, qui poussait énergiquement le chariot… S’il y en a parmi nous qui ont un jour la chance de retourner dans le monde, ils devront rendre témoignage de ce que nous voyons ici. Et ce que nous voyons, c’est la renaissance de la foi pure et authentique des premiers chrétiens, l’union des Églises en la personne des évêques catholiques et orthodoxes qui participent unanimes à cette entreprise, l’union dans l’amour et dans l’humilité. »
Stephania Shabatura, catholique ukrainienne, raconte comment le camp de Mordovie, où elle passa huit ans, était un lieu de découverte, d’amour et de prière réciproques entre détenues orthodoxes, protestantes et catholiques. Elles parvinrent même à y célébrer ensemble secrètement Noël et Pâques.
Une des expressions les plus fortes de cet œcuménisme des martyrs et des confesseurs de la foi a été donnée lors de la commémoration œcuménique des témoins de la foi du Grand Jubilé, le 7 mai 2000 : plusieurs des témoignages étaient ceux de chrétiens ayant souffert persécution rapportant le martyre d’un chrétien d’une autre confession, et ce qu’ils leur devaient. Et aujourd’hui encore, des chrétiens de différentes confessions continuent à souffrir ensemble pour le Christ et à se soutenir mutuellement, en Chine, au Nigeria, en Irak, en Inde ou au Soudan.
Alors, en cette Solennité de la Toussaint, « environnés de cette grande nuée de témoins » (cf. Hébreux XII, 1), les martyrs et les saints du Ciel, et soutenus par eux, prions et agissons pour que cette unité soit faite sur la Terre comme elle l’est déjà au Ciel.

Très bonne Fête de la Toussaint à vous tous !!!

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Apocalypse de saint Jean VII, 2-4. 9-14 ; Psaume XXIII (XXIV) ;
Première Lettre de saint Jean III, 1-3 ; Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu V, 1-12a

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