Paroisse Saint Loup


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Homélies

7 juillet 2020

Quatorzième dimanche du Temps Ordinaire, Année A

S 04 juillet 2020 église de Saint-Paul-de-Varces et D 05 église Saint Jean-Baptiste de Vif

« Père, je proclame ta louange »

Jésus prie. Il s’adresse à son Père. Sa prière est une action de grâce. Il loue son Père, non en lui-même, mais pour ce qu’il fait. Il s’émerveille de voir avec quelle spontanéité les enfants et les gens sans culture répondent à sa prédication. Comme, par ailleurs, il se désole de voir se détourner de lui ceux qui avaient tous les éléments pour le reconnaître (Jean IX, 40-41). Ici la joie de Jésus éclate. Tout le monde ne le discute pas, tout le monde ne le fait pas passer au crible d’une critique savante. Il y a aussi ceux qui l’accueillent tout simplement, ceux qui ont spontanément l’intuition qu’il ne s’agit pas de tout comprendre, mais d’accepter d’être aimés. Il faut vraiment ressembler à ces enfants que Jésus aime et caresse (Marc X, 16) et qui sont heureux d’être aimés, parce qu’ils ne sont pas blasés. Il faut vraiment baisser les armes devant lui, sous peine de passer à côté de la plus belle rencontre qu’un homme puisse faire. Et à celui qui l’accueille ainsi, Jésus réserve les plus grandes révélations, celles que nul ne peut connaître (Matthieu XI, 27) et qui traitent du mystère de Dieu lui-même. Ainsi en est-il encore. Ceux qui prient en font l’expérience. Dieu leur parle quand ils se confient à lui. Ils comprennent, quand ils ne sont pas sur la défensive. Ils aiment vraiment quand ils acceptent d’abord d’être aimés, car Dieu nous aime toujours le premier (1 Jean IV, 10), mais nous nous défendons d’y être sensibles et nous avons du mal à nous laisser faire. Nous nous compliquons la vie spirituelle. Nous cherchons du difficile là où les choses sont simples. Le joug du Seigneur est léger, car il le porte pour nous.
« La grâce de Notre-Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit-Saint soient toujours avec vous » (2 Corinthiens XIII, 13).
Cette salutation trinitaire ouvre fréquemment la célébration eucharistique et nous rappelle que la grâce est un « double » mystère : celui de la vie trinitaire elle-même, et celui de notre participation à cette vie, dans le Christ.
Toute grâce vient du Christ Jésus. « De sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce après grâce » (Jean I, 14,16-17). Il est venu pour que nous ayons la Vie, sa propre Vie, en abondance (Jean X, 10). Son amour est un amour vivant et personnel. « Il m’a aimé et s’est livré pour moi », pouvons-nous affirmer avec Paul (Galates II, 20).
L’amour de Jésus pour nous est un don de Dieu son Père : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit possède par lui la vie éternelle (Jean III, 16). La grâce qui vient du Christ porte en elle l’amour de son Père pour chacun de nous. Le Père lui-même vous aime, dit Jésus (Jean XVI, 27). Par la grâce, Dieu devient notre Père. Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu (1 Jean III, 2).
L’amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, amour éternel, infini et toujours jaillissant, s’exprime dans la communion de l’Esprit-Saint, souffle vivant et vivifiant et qui monte, éternellement, du dialogue entre le Père et le Fils. Lorsque la grâce du Christ nous est donnée, l’amour du Père nous est donné, l’Esprit-Saint nous est donné (Romains V, 5).
L’homme qui accueille la grâce au plus profond de son cœur devient capable de nouer avec Dieu son Créateur, de qui il tient la vie, le mouvement et l’être (Actes des Apôtres XVII, 28) des relations toutes nouvelles de réciprocité.
La grâce possède des puissances actives capables de prendre contact avec Dieu et de rendre progressivement divin l’agir humain : ce sont les vertus, que nous pouvons mettre en action. Elle possède aussi des puissances réceptives pour capter l’influence de Dieu, l’inspiration de l’Esprit : ce sont les dons, que notre pauvreté offerte fait grandir.
Devenu participant de la vie divine, l’homme peut entrer par la foi et l’amour, comme enfant de Dieu, dans la vie trinitaire. Dans l’obscurité, mais réellement, les trois Personnes divines deviennent pour lui des personnes vivantes. L’homme dans la grâce est enveloppé par l’amour paternel de son Créateur, il grandit dans l’intimité fraternelle avec le Fils incarné, sous le souffle de l’Esprit-Saint, dans la vie quotidienne la plus ordinaire (Colossiens III, 17).
Nous pouvons et nous devons toujours compter sur ce dynamisme de la grâce pour vivre le combat spirituel qu’est la vie chrétienne. Hors de moi, vous ne pouvez rien faire (Jean XV, 5), dit Jésus. Mais l’Esprit-Saint nous est donné (Romains V, 5), il est vivant en nous (Romains VIII, 9) et sa mission est de faire grandir en nous l’amour de charité, ce don supérieur entre tous, et qui ne passera pas (1 Corinthiens XII, 31 – XIII, 13). Il veut devenir notre ami, notre guide, notre lumière intérieure pour que, dans la docilité à son action, nous devenions, en Jésus, de véritables enfants de Dieu (Romains VIII, 14).
Le don de la grâce est ecclésial. Si nous ne connaissons pas les frontières de la grâce, nous savons dans la foi que l’Église dont nous sommes les membres a été voulue par le Christ pour être, en lui, « le Sacrement, c’est-à-dire le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Concile Vatican II, l’Église, n°1). Membres de l’Église par notre baptême dans le Christ, nourris de la Parole et de l’Eucharistie, purifiés par le sacrement de Réconciliation, nous pouvons coopérer, chacun selon notre vocation, à la mission sacerdotale, prophétique et royale de l’Église.
C’est par la grâce de Dieu que nous sommes ses enfants, et sa grâce en nous ne sera pas vaine (cf. 1 Corinthiens XV, 10) si nous lui donnons chaque jour la collaboration ecclésiale de notre foi, de notre espérance et de notre amour (cf. 1 Thessaloniciens I, 3) au service de nos frères, à l’exemple de Marie, mère de l’Église, comblée de grâce (cf. Luc I, 28).

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques :
Livre du Prophète Zacharie IX, 9-10 ; Psaume CXLIV (CXLV) ;
Lettre de Saint Paul Apôtre aux Romains VIII, 9.11-13 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu XI, 25-30

25 juin 2020

Homélie pour le douzième dimanche du Temps Ordinaire, Année A

dimanche 21 juin 2020 église Saint Jean-Baptiste, Vif

« Soyez sans crainte ! »

Tout ce qui est encore caché sera un jour révélé. Tant de choses nous échappent. Le ciel et la terre recèlent tant de secrets que l’homme ne décrypte que peu à peu. Et chaque découverte soulève une nouvelle série de choses cachées et même insoupçonnées. Jésus, lui, passe en ce monde comme celui qui voit ce que nul ne voit. Il lit les signes des temps (Matthieu XVI, 3), Il connaît les pensées enfouies au fond des cœurs (Luc XI, 17). Il connaît surtout ces choses cachées depuis les origines du monde (Matthieu XIII, 35). Il connaît Dieu lui-même, que nul n’a vu (Jean I, 18) et Il parle en connaissance de cause. Nous parlons de ce que nous savons (Jean III, 11). ET ce qu’Il sait, Il le dit aux hommes ; c’est même la raison unique de sa venue au monde (Jean XVIII, 37). Je ne suis venu en ce monde que pour témoigner de ce qui est vrai. Ceux qui ont perçu, ne serait-ce qu’une parcelle de cette vérité, jusque-là cachée, doivent la clamer au grand jour. Jésus n’a cessé de le faire. Il ouvre les yeux des aveugles de naissance que nous sommes, pour que nous devinions sur sa face les reflets de la gloire du Père. Il délie les oreilles des sourds que nous sommes pour que nous entendions la voix du Père qui parle par la bouche du Fils. Et nous devons parler sans avoir peur des gens (Matthieu XXVI, 10), car se prononcer pour le Christ devant les hommes, c’est aussi apporter à ces hommes cette révélation des mystères du Royaume (Luc VIII, 10) dont ils ont besoin et qui les illuminera comme elle nous a illuminés.
En méditant cette page d’évangile, j’ai repensé au si beau message adressé par Saint Jean-Paul II lors de son voyage apostolique en France en 1986. C’était dans notre région car il est passé par Lyon, Ars, Annecy, Taizé et Paray-le-Monial. En voici un large extrait, qui est toujours d’actualité.

« Chrétiens de Lyon, de Vienne, de France, que faites-vous de l’héritage de nos glorieux martyrs ? Certes, aujourd’hui, vous n’êtes pas livrés aux bêtes, on ne cherche pas à vous mettre à mort à cause du Christ. Mais ne faut-il pas reconnaître qu’une autre forme d’épreuves atteint subrepticement les chrétiens ? Des courants de pensée, des styles de vie et parfois même des lois opposées au vrai sens de l’homme et de Dieu, minent la foi chrétienne dans la vie des personnes, des familles et de la société. Les chrétiens ne sont pas maltraités, ils jouissent même de toutes les libertés, mais le risque n’est-il pas réel de voir leur foi comme emprisonnée par un environnement qui tend à la reléguer dans le domaine de la seule vie privée de l’individu ? Une indifférence massive chez beaucoup à l’égard de l’Évangile et du comportement moral qu’il exige, n’est-elle pas une manière de sacrifier aujourd’hui petit à petit à ces idoles que sont l’égoïsme, le luxe, la jouissance et le plaisir recherchés à tous prix et sans limite ? Cette forme de pression ou de séduction pourrait tuer l’âme sans attaquer le corps. L’esprit du mal qui s’opposait à nos martyrs est toujours à l’œuvre. Avec d’autres moyens, il continue de chercher à détourner de la foi. Chrétiens de Lyon et de France, ne vous y laissez pas prendre. Dans notre monde qui offre à l’homme tant de possibilités de vraie liberté et d’épanouissement spirituel, qui a réalisé des progrès immenses au service de l’homme, que faites-vous pour contribuer à démasquer ces idoles d’aujourd’hui et à vous en affranchir ? Puissiez-vous avoir toujours le discernement et le courage de la foi ! Vous avez là une tâche commune à accomplir. Un seul et même baptême vous a consacrés dans le Christ. Dans la fidélité à sa parole et sans rien faire séparément de ce que vous pouvez faire ensemble pour répondre aux besoins de l’homme d’aujourd’hui, ‘restez fermes dans la foi’ (2 Pierre V, 9) ».

Seigneur, tu nous répètes souvent : ‘Ne crains pas, n’aie pas peur’ comme pour déraciner cette force qui nous paralyse et nous sépare de toi. Seigneur, c’est toi ma force, mon rempart, mon bouclier, mon refuge toujours ouvert ! Par ta mort et ta résurrection tu as vaincu le mal qui ne peut plus nous séparer de toi. Tu nous appelles à la glorieuse liberté des enfants de Dieu qui savent leur vie entre tes mains et qui vont avec courage proclamer la venue du Royaume. La vie que tu nous donnes, nul ne peut nous la ravir car tu es avec nous. Que nous soyons toujours plus enracinés dans ton amour qui bannit toute crainte, dans un abandon total à ta volonté. Que nous sachions faire triompher ta parole au milieu des bruits du monde qui ne sont que mensonge et comme les aiguillons de la mort. Que la soif de sauver les âmes nous donne toutes les audaces de tes saints apôtres.

Père Thibault NICOLET


Références des textes liturgiques : Livre du Livre du Prophète Jérémie XX, 10-13 Psaume LXVIII (LXIX) Épître de saint Paul Apôtre aux Romains V, 12-15 Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu X, 26-33

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