Paroisse Saint Loup


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Homélies

22 janvier 2020

Deuxième dimanche du Temps Ordinaire Année A

Dimanche 19 janvier 2020 église Saint Jean-Baptiste de Vif

« Voici l’Agneau de Dieu »

Dieu nous a modelés dès le sein de notre mère pour nous destiner à être des serviteurs sauvés par lui et sauveurs avec lui. Tenons haut notre responsabilité d’être les relais de la lumière des nations !
L’auteur de ce passage entendu à la première lecture est inconnu et on y a vu le peuple d’Israël tout entier, un prophète inconnu ou même Cyrus, roi de Perse, libérateur des exilés juifs. Mais le message est clair :
C’est le Seigneur qui choisit son serviteur.
Sa mission : rassembler les exilés en vue d’un retour vers Jérusalem.
Cet événement témoignera du Seigneur comme le Dieu du salut de l’univers.

A l’époque, les prêtres chaldéens attribuaient les succès du roi Cyrus à leur dieu suprême Mardouk (Jérémie L, 2) et à ses acolytes Bel et Nébo (Esdras XLVI, 1). Face à ces faux dieux, il fallait réaffirmer que le seul « maître du monde, c’est le Seigneur ». Se trouve donc affirmée l’élection par le Seigneur de celui qui va parler en son nom et en même temps l’universalité du salut. On voit réapparaître les mêmes termes dans la bouche de Zacharie lorsqu’il accueillit Jésus au Temple : « Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé face à tous les peuples ; lumière pour la révélation aux païens et gloire d’Israël ton peuple. » De même la prophétesse Anne « parle de l’enfant à tous ceux qui attendaient la libération de Jérusalem » (Luc II, 29-32, 38). Ce n’est pas un hasard. Les évangélistes ont cherché dans les livres sacrés l’annonce préfiguratrice de Jésus, serviteur annonciateur et réalisateur du salut de Dieu. Pour être crédible selon la foi juive, l’événement devait être attesté dans les Écritures. Jésus en témoigne lui-même lorsqu’il répond aux Sadducéens : « Vous êtes dans l’erreur, parce que vous ne connaissez ni les Écritures ni la puissance de Dieu » (Matthieu XXII, 29).
La disponibilité présente en Isaïe XLIX se retrouve au psaume XXXIX qui est celui du serviteur fidèle se rendant disponible au Seigneur en se présentant à lui : « Voici, je viens. »
Et saint Paul vient nous rappeler que cette disponibilité va de pair avec l’appel à la sainteté : appelés à être disciples à la suite des apôtres par la volonté de Dieu, c’est ce dessein de Dieu qui nous appelle à la sainteté, qui nous sanctifie en nous mettant à part.
Jean-Baptiste aussi a été appelé et envoyé par Dieu. Sa mission consistait à annoncer et révéler la venue du Fils unique de Dieu dans le monde. Nous aussi, nous devons rendre témoignage que le Christ est l’élu de Dieu présent dans les événements de notre vie, dans ceux de toute personne humaine qui l’accepte, et dans ceux du monde.
Mais je souhaite poursuivre et terminer avec saint Paul : « Je m’adresse à vous… »
Saint Paul rappelle aux chrétiens de Corinthe ce qu’ils sont, l’Église de Dieu, ce que le Seigneur a fait pour eux en les appelant et en les sanctifiant comme fidèles, et ce qu’ils sont appelés à vivre en invoquant le Seigneur dans la communion de l’Eglise.
« Je m’adresse à vous, qui êtes l’Église de Dieu ». Les lettres de saint Paul, comme toute l’Écriture, nous sont adressées personnellement, puisque c’est bien à chacun que le Seigneur s’adresse, mais nous les recevons dans la communion de l’Eglise.
S’affirmer « l’Église de Dieu » peut paraître présomptueux mais, d’une part, cette expression ne vient pas de nous mais de saint Paul, et, d’autre part, les nombreux reproches que saint Paul adressera à l’Eglise de Dieu qui est à Corinthe confirment que notre indignité ne retire rien à ce que le Seigneur a fait de nous, à la dignité qu’il nous accorde.
« Vous avez été sanctifiés dans le Christ Jésus, vous les fidèles » rappelle saint Paul aux Corinthiens et à chacun de nous. Sans cesse il nous faut revenir à ce que le Seigneur a fait pour nous, pour retrouver la grâce première qui nous a été accordée, pour recevoir une grâce nouvelle. « Vous avez été sanctifiés » : par notre baptême, nous sommes devenus saints. Rien que ça ! Saints en état, même si, ensuite, nous avons à le devenir en actes. En prenant sur lui les péchés du monde, l’Agneau de Dieu que nous présente Jean-Baptiste aujourd’hui rend à l’homme sa sainteté première, voulue par Dieu.
« Vous les fidèles » ; nous avons reçu le don de la foi. Nous sommes des fidèles. C’est acquis. Et en même temps, cette fidélité est sans cesse à renouveler, à réaffirmer, à retrouver. Si la foi est un don de Dieu, si l’acte de foi lui-même est un don de Dieu, il est toujours libre et suppose donc un engagement renouvelé de notre liberté.
« Vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre. »
Nous ne sommes pas seuls à invoquer le nom de l’unique Seigneur Jésus-Christ mais saint Paul veut aussi rappeler l’universalité de l’Église.
Par son adresse, saint Paul nous plonge avec les Corinthiens dans la communion de l’Église unie dans l’invocation de Jésus-Christ. Communion de l’Église qui va bien au-delà de nos communautés terrestres, puisqu’elle se réalise encore avec ceux qui, au ciel, invoquent pour nous le Seigneur Jésus-Christ, rassemblés déjà au festin des noces de l’Agneau.
En prenant davantage conscience encore de ce que nous sommes à travers cette adresse de saint Paul aux Corinthiens, puissions-nous, avec la grâce de Dieu, vivre pleinement de ce que le Seigneur a permis ou voulu pour nous.
« Je ne le connaissais pas » dit Jean-Baptiste à propos de Jésus, à propos de celui qui est aussi son cousin… « Je ne le connaissais pas » répète-t-il avant d’apporter ce témoignage : « c’est lui le Fils de Dieu ». La connaissance qu’il avait de Jésus était donc limitée, avant que ne lui soit révélé qui il est. Ayant reçu cette révélation, Jean ne peut pas la garder pour lui, il ne peut pas ne pas témoigner. Et nous ?

Père Thibault NICOLET


Références des textes liturgiques :
Livre du Prophète Isaïe XLIX,3.5-6 ; Psaume XXXIX (XL) ;
Première Épître de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens I, 1-3 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean I, 29-34

14 janvier 2020

Baptême du Seigneur

Dimanche 12 janvier 2020, à Varces

Il convient que nous accomplissions ainsi toute justice

Pour les spécialistes, un passage d’évangile peut être considéré comme historique – entre autres critères – s’il pose un problème tel que l’auteur de l’évangile ne l’aurait certainement pas inventé ! C’est ce qu’on appelle le critère de l’embarras...
Nous avons donc ici affaire à un événement de la vie de Jésus qui est certainement historique, d’autant plus qu’il est relaté dans trois évangiles ! Et il est embarrassant pour au moins deux raisons :
• la première est qu’il place Jésus en situation d’inférieur par rapport à Jean Baptiste,
• la seconde est que le baptême donné par Jean est, selon les évangiles, un baptême de conversion pour le pardon des péchés ! C’est quelque chose de plus qu’un simple rite de purification comme il pouvait déjà s’en pratiquer à l’époque !
Il est donc surprenant que Jésus vienne recevoir le baptême de Jean-Baptiste ! Jean annonce la venue du Sauveur qui viendra établir le royaume de Dieu, il appelle ses auditeurs à la conversion, et il propose le baptême comme moyen d’obtenir le pardon des péchés. Et voici que Jésus, en qui il reconnaît le Sauveur attendu, qui est sans péché et n’a pas besoin de se convertir, se présente à lui pour recevoir le baptême ! On peut comprendre la surprise et le refus de Jean ! Comment Jésus pourrait-il se reconnaître des péchés et se convertir ?
D’où l’embarras du prédicateur appelé à commenter ce texte... Heureusement, le baptême de Jésus doit bien faire l’objet d’un chapitre dans tous les traités de théologie consacrés à Jésus, ce qui nous met à l’abri de spéculations hasardeuses....
Joseph Ratzinger, le pape Benoit XVI, nous donne une explication lumineuse dans son livre « Jésus de Nazareth » :
« C’est en partant de la croix et de la résurrection que les chrétiens ont compris ce qui s’était passé : Jésus a pris sur ses épaules le fardeau de la faute de l’humanité entière et l’a porté en descendant dans le Jourdain. Il inaugure sa vie publique en prenant la place des pécheurs. Il l’inaugure en anticipant la croix. […] C’est uniquement avec la croix que se révèle toute la signification du baptême de Jésus, son consentement à prendre sur lui tout ce qui est « juste ».  »
En somme, dans ce passage d’évangile, nous avons en résumé toute l’histoire de salut : celle d’un Dieu qui se fait homme, qui partage tout de la condition des pécheurs – sauf le péché lui-même, qui prend sur lui tous nos péchés jusqu’à mourir sur une croix en compagnie de deux pécheurs de la pire espèce, des brigands !
Et ce n’est alors pas pour rien si c’est à la suite de cet épisode que les évangélistes placent la manifestation de l’identité du Christ : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie  ».
En recevant la baptême de Jean, Jésus lui donne une nouvelle signification : il s’agit de se mettre à sa suite, de passer par la mort à son ancienne vie pour renaitre à une vie nouvelle !
Maintenant, regardons la phrase de Jésus : « il convient que nous accomplissions ainsi toute justice  ». Pour Matthieu, la justice dont il s’agit, c’est d’accomplir la volonté de Dieu...
Par notre baptême, nous sommes passés par la mort et la résurrection de Jésus, et nous sommes appelés à poursuivre son oeuvre de salut dans ce monde. Nous sommes alors appelés nous aussi à accomplir toute justice, à faire la volonté de Dieu. A la faire instant après instant, dans les petites et les grandes choses !
Bien sûr, la volonté de Dieu sur nous n’est pas toujours claire, il nous arrive d’avoir du mal à la discerner ! Mais si souvent, nous échouons à faire ce que Dieu nous demande, il nous offre toujours une nouvelle chance !
Amen

Gilles Berger Sabbatel

Références des textes liturgiques :
Livre d’Isaïe 42, 1-4.6-7 ;
Psaume 28 (29) ;
Actes des apôtres 10, 34-38 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1, 3, 13-17.

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