Paroisse Saint Loup


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Homélies

18 septembre 2019

XXIVème dimanche du Temps Ordinaire, Année C

dimanche 15 septembre 2019 Fête paroissiale à la salle des Combettes, Saint-Georges-de-Commiers

« Moi le premier, je suis pécheur »

Pourquoi, Seigneur, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple ? Grande est la miséricorde du Seigneur. Les trois péricopes évangéliques illustrent la joie du Seigneur qui fait miséricorde. Le pape François a ce bon mot qui évoque la patience de Dieu qui fait miséricorde ; et dans le même temps, il évoque l’homme qui n’a pas cette patience pour vivre de la miséricorde divine. C’est la foi qui permet à saint Paul de connaître son péché tout en faisant l’expérience du pardon de Dieu. Cette grâce apporte un tel bénéfice qu’il est alors plein de reconnaissance pour celui qui lui fait confiance. En contemplant la joie du Seigneur pour un seul pécheur qui se convertit, on contemple la joie du pécheur pardonné. Il semble que le pardon est le motif par excellence de l’action de grâce. Nul ne remercierait autant que celui à qui est fait miséricorde. C’est elle qui ouvre les lèvres de l’homme pour que sa bouche annonce la louange du Seigneur.
L’intercession de Moïse, dans la première lecture, trouve sa place après le scandale du veau d’or. Cette prière réussit à fléchir la colère de Dieu envers son peuple coupable. L’histoire sainte n’est faite que des péchés d’Israël, des pardons et de la miséricorde de Dieu fidèle à son Alliance.
Dans le psaume 50, le repentir de David est précurseur de celui du fils prodigue de l’évangile : « Je lui dirai : père, j’ai péché contre le ciel et contre toi » (Luc XV, 21) ; « oui, contre toi seul j’ai péché » (Psaume 50, 6).
La deuxième lecture nous plonge dans la lettre de saint Paul à Timothée. Dans cette lettre, c’est le pécheur pardonné, le persécuteur devenu apôtre, qui exprime sa reconnaissance au Christ et dit la valeur exemplaire du pardon qu’il a reçu.
Quant à l’évangile, elle nous offre trois paraboles : celle de la brebis perdue, celle de la drachme perdue et, dans la version intégrale, celle du fils perdu. Dans les trois cas, Jésus y parle du mystère de la miséricorde. Le Père trouve sa joie à pardonner : la brebis et la drachme sont retrouvées et les deux fils également, puisque la parabole du prodigue est autant celle du fils aîné que celle du cadet, tous deux, à leur heure, fils perdus puis retrouvés.
« Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte. » Cette phrase de l’Ecriture nous révèle combien la miséricorde du Seigneur demande que nous renoncions à toutes nos idoles. Le peuple d’Israël n’a pas tardé à attribuer à un veau d’or les bienfaits dont il a bénéficié. N’avons-nous pas tendance, nous aussi, à oublier celui qui est à la source de tant de grâces reçues, et à nous fabriquer nos propres veaux d’or en qui nous mettons notre confiance et notre espérance ? Qu’il s’agisse de nos diplômes, de notre portefeuille ou de la technologie, les veaux d’or ne manquent pas en notre monde…
En vue de se débarrasser de ses idoles, l’humiliation « suffit » ! « Moi le premier, je suis pécheur. » Ainsi s’exprime saint Paul dans sa première lettre à Timothée. Lui qui n’hésite pas à écrire aux Corinthiens : « prenez-moi pour modèle, mon modèle à moi c’est le Christ » ; il ne craint donc pas de reconnaître humblement ce qu’il est en vérité.
Les trois paraboles que Jésus nous rapporte aujourd’hui sont adressées à ces pharisiens et à ces scribes qui récriminent contre lui en raison de l’accueil qu’il réserve aux pécheurs. Ils sont comme ce frère aîné de la troisième parabole, ce fils qui se considère comme juste et qui enferme son frère dans son péché. A la suffisance et au jugement du frère aîné répond l’humble reconnaissance du cadet et de saint Paul : « j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils… », « moi le premier, je suis pécheur ». Soyons attentifs à ne pas juger trop vite l’aîné avec mépris, avec la suffisance qui est certes la sienne mais que nous risquons tant de partager. Nous sommes tentés de nous situer dans une attitude de comparaison ou de jugement des personnes ou des situations, qu’elles nous concernent ou pas. Les médias prennent régulièrement l’opinion publique à témoin. Les sondages permanents donnent l’impression que chacun doit avoir un avis sur tout et sur chacun, comme ces pharisiens et ces scribes qui commentent l’attitude de Jésus en récriminant contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Pour répondre à cette suffisance et ces bavardages parfois aigris dans lesquels nous pouvons si facilement nous laisser entraîner. Jésus nous fait contempler l’amour de Dieu, la tendresse du Père qui attend son enfant. Il nous fait part de la joie du ciel et nous invite à la contempler. Il ne force pas notre « tête dure », si ressemblante à la « nuque raide » du peuple d’Israël qui suscite la colère du Seigneur face à Moïse, mais il l’attendrit en nous proposant de partager sa propre joie (qui se communique). Chacune des trois paraboles se conclut par la joie qui se manifeste. Joie à venir dans la première parabole (« il y aura de la joie ») – notre année pastorale –, joie présente dans la deuxième (« il y a de la joie ») – notre fête paroissiale –, joie accomplie dans la troisième (« il fallait bien se réjouir ») – l’action de grâce entendue dans les témoignages de ce jour.
Celui qui se suffit à lui-même se prive de la joie de Dieu de deux manières. D’abord parce qu’il ne l’accueille pas : il ne la contemple pas alors qu’elle nous illumine vraiment au cœur ou au-delà des épreuves. Ensuite parce qu’il ne la provoque pas : s’il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit, alors quand je me convertis (quelle que soit l’attitude de conversion ou de non-conversion des personnes qui m’entourent et dont je ne suis pas juge) je provoque la joie du ciel. Si je reconnais que « moi le premier, je suis pécheur. » Amen.

Père Thibault NICOLET


Références des textes liturgiques : Livre de l’Exode XXXII, 7-11.13-14 Psaume L (LI) Première Épître de saint Paul Apôtre à Timothée XII, 17 Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc XV, 1-32.

10 septembre 2019

Vingt-troisième dimanche du Temps Ordinaire – Année C

dimanche 08 septembre église Saint Jean-Baptiste de Vif

Il en va du disciple comme du maître

Les paroles du Christ résonnent peut-être durement à nos oreilles. Pourtant, elles énoncent une vérité simple à comprendre : quand on a identifié un objectif, on ne peut que prendre tous les moyens nécessaires pour l’atteindre. C’est facile à comprendre mais difficile à vivre parce que ce n’est pas nous qui avons fixé les moyens ni l’objectif : il nous faut les recevoir du Christ. L’objectif correspond au salut et le moyen correspond à la croix.
A Alexandrie, la capitale des sciences, peu avant le Christ, l’auteur du livre de la Sagesse a pris le parti de l’humanisme scientifique. Pour lui, la science est un reflet de la sagesse divine. La foi éclaire le but vers lequel doit tendre l’effort de l’homme et l’Esprit est au principe de toute vraie connaissance.
Quant à l’auteur du psaume, c’est un sage, à n’en pas douter. Il n’évoque la précarité de la vie humaine, la puissance de l’homme et ses limites que pour se tourner vers Dieu. Lui seul rend le travail de nos mains et le labeur de la recherche de la sagesse fructueux.
Et le billet du « vieux Paul » à Philémon est un chef-d’œuvre d’humour et d’amour. La foi, dit Paul, abolit toute frontière entre les hommes ; comme le patron, l’esclave, fut-il aussi inutile et fripon qu’Onésime, est frère du Christ.
Préférer le Maître à sa propre vie, renoncer à tous ses biens, porter sa croix derrière Jésus, telles sont les exigences de la sequela Christi. Le disciple doit prendre le temps de s’asseoir pour ajuster les moyens à la fin. Un seul calcul à faire : celui de la radicalité !
Jésus n’exige rien de nous qu’il n’ait déjà fait pour nous. Cette certitude peut nous habiter à chaque fois que nous ouvrons le saint Évangile. Toute la sainte Écriture parle de ce que Dieu a fait pour nous. C’est particulièrement évident dans les récits d’événements particuliers rapportés par les Évangiles comme les récits de l’enfance chez saint Luc ou bien les douloureux épisodes de la Passion. Nous avons souvent l’idée que Jésus attend quelque chose de nous, qu’il nous demande d’agir. Cette idée est exigeante et dérangeante mais elle nous permet aussi de garder une initiative dans notre chemin de foi. Nous nous approprions le salut en ayant une lecture morale des Écritures. Le vrai disciple, lui, est appelé à marcher à la suite de Jésus, à mettre ses pas dans les siens. Tout ce qu’il voit faire par le maître, il ne cherche pas d’abord à l’imiter mais il le reçoit comme un don de grâce.
« Porter sa croix » prend alors un tout autre sens que celui de devoir atteindre le niveau nécessaire de souffrance pour pouvoir accéder au paradis. Cela signifie d’abord adopter les dispositions du maître qui n’a pas refusé de porter cette croix qu’il a fait sienne par amour, cette croix qui est le signe de notre humanité limitée par le péché. « Lui, de condition divine, ne considéra pas comme une proie à saisir d’être traité à l’égal de Dieu » (cf. Philippiens II). Il a fait de nos limites le lieu du don total de sa Personne.
« Porter sa croix » signifie alors accepter que Jésus l’ait déjà portée avant nous et qu’il la porte aujourd’hui avec nous. Le seul véritable effort qu’il nous demande consiste à vivre en lui, à tout recevoir de lui.
Pour cela, le chemin le plus sûr est celui du détachement. C’est pourquoi le Seigneur nous enseigne à renoncer à la préférence pour les personnes que nous aimons et qui nous aiment. C’est pourquoi également le Seigneur nous demande de renoncer à tous nos biens. Il a renoncé à tout pour nous, pour chacun d’entre, pour toi et pour moi. Jésus n’a rien préféré sur la croix à la mission qu’il avait reçue du Père et il l’a fait par amour pour nous. Ce qui nous revient alors consiste à accueillir ce don et à entrer avec le Christ dans le sacrifice d’action de grâce.
En entendant les paroles de Jésus en ce 8 septembre, nous ne pouvons pas ne pas penser à la Vierge Marie. C’est elle qui est la plus éminente figure de la foi de l’Église et l’exemple pour chaque disciple. Et, comme telle, elle reçoit le salut de Dieu dans la joie de l’Annonciation et dans les souffrances de la Passion. Depuis la croix, Jésus la donne à toute l’humanité, renonçant au lien privilégié qui les unissait : « Voici ta mère ». Et la douleur de Mère du Seigneur est encore traversée, à cet instant, par les paroles du Magnificat : « Le Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son nom. » Amen.

Père Thibault NICOLET


Références des textes liturgiques :
Livre de la Sagesse IX, 13-18 ; Psaume LXXXIX (XC) ;
Épitre de Saint Paul Apôtre à Philémon 9b-10.12-17 ;
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc XIV, 25-33

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Convertissez-vous et croyez à l’Evangile !

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