Paroisse Saint Loup


Sommaire > Vie de la paroisse > Homélies

Homélies

17 novembre 2020

Homélie pour le XXXIIIème dimanche du Temps Ordinaire Année A

D 15 novembre 2020

Parabole des talents
Cette parabole nous en rappelle une autre : l’histoire des ouvriers de la dernière heure. Elle heurte, comme elle, notre sens humain de la justice. A lire superficiellement, cette distribution de talents (une vraie fortune !) et la manière dont le Seigneur rétribue ses serviteurs à son retour nous semblent bien étranges. Que reproche-t-il à celui qui lui rend l’unique talent qu’il lui avait confié ? Ne s’est-il pas montré honnête ?
Je crois deviner qu’une fois de plus nous devons éviter de rapetisser Dieu aux dimensions de notre logique calculatrice. Il n’a qu’un désir : nous faire pénétrer son mystère, nous donner les clés du Royaume. Cette parabole ne serait-elle pas un nouvel enseignement pour le gagner ? Ouvrons toutes grandes les portes de notre cœur et de notre esprit ! Et laissons-nous forger par la Parole de Dieu !
Avant de partir en voyage, un maître répartit sa fortune entre ses serviteurs. Le talent, une ancienne monnaie grecque, se présente sous la forme d’une barre d’argent d’une valeur de six mille francs-or. En recevoir, ne serait-ce qu’un seul, n’est donc pas négligeable. Ce maître, c’est le Seigneur. Il partage largement ses dons spirituels avec tous les hommes sans exception, qu’ils soient en bonne santé ou handicapés, qu’ils soient riches ou pauvres. Il veut faire de chacun son « coopérateur ». Ses dons sont gratuits. Chacun les reçoit selon ses capacités (mais non selon ses mérites). Même le plus faible, le plus blessé par la vie reçoit sa part. A l’un, Dieu donne cinq talents, à l’autre, deux ; au troisième, un seulement. Puis il se retire et il les laisse faire. C’est ainsi qu’il a confié à l’homme sa création (et même sa propre vie et celle de ses frères !), et qu’il n’intervient plus jusqu’au jour où il paraîtra à la fin des temps pour rétribuer chacun selon ses œuvres… A nous de lui faire produire de bons et beaux fruits selon son Esprit. Ou de choisir ce que nous souffle notre ennemi, Satan, en jouant sur la corde de l’égoïsme et du désir d’indépendance… « Vous serez comme des dieux » susurrait-il déjà à nos premiers parents !
Que font les serviteurs du maître ? Les uns vont « se jeter à l’eau », prendre des risques en faisant fructifier les talents reçus. Oser tout perdre pour tout gagner. Comme le semeur jette en terre toute la semence en espérant qu’elle germera et produira une récolte de plus en plus abondante. Ils ont confiance en leur maître et agissent par amour.
Le dernier, le cœur endurci par la méfiance et redoutant l’exigence de son maître, a préféré enterrer son bien jusqu’au moment de le restituer. A-t-il fait preuve de prudence ? Une prudence qui exclut l’audace n’est-elle pas que poltronnerie ? Ne disposons-nous pas du trésor des dons de l’Esprit-Saint pour venir au secours de notre faiblesse ?
Au retour du maître, les serviteurs qui ont fait fructifier les grâces reçues sont félicités et récompensés de la même manière. « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses… »  : pas de place pour la vanité ! « … je t’en confierai beaucoup : entre dans la joie de ton maître. » Pouvons-nous espérer plus belle récompense que de partager la joie du Seigneur ? Partager la félicité éternelle de notre Dieu et notre tout n’est-il pas le rêve le plus inimaginable ? « Qui désire voir le bonheur et avoir des jours heureux », nous dit le psaume XXXIV. Être parfaitement heureux est notre plus grand désir. Avec Dieu, ce rêve devient réalité.
Quant au serviteur timoré et paresseux, il entend cette révélation terrible : « A celui qui a, on donnera davantage et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien, on lui enlèvera même ce qu’il a. » Comment la comprendre ? Ceux qui, ayant reçu de Dieu la foi à leur baptême l’entretiennent et la font fructifier en pratiquant la charité, recevront de lui de nouvelles grâces et des lumières en abondance. Mais ceux qui ferment leur cœur en refusant ses dons deviendront de plus en plus aveugles.
Ainsi, tout don reçu du Seigneur nous rend responsables. Il n’est pas un absolu en soi. Il n’est pas notre propriété, mais nous engage à édifier le Royaume selon nos capacités propres, et surtout dans la fidélité de chaque jour. Ce n’est pas le nombre ni la valeur de nos charismes qui comptent aux yeux de Dieu mais l’usage que nous en faisons. Comme pour les jeunes filles de la noce, seule compte la qualité de notre foi et de notre amour. De saint Jean à sainte Thérèse et de Mère Teresa à Jean-Paul II, c’est le même cri d’évidence : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Nos regards de tendresse, nos sourires, la main secourable que nous aurons su tendre, l’écoute que nous aurons su accorder, l’espérance que nous aurons su faire naître… Au terme de notre vie, c’est sur ces manifestations d’amour que nous serons jugés.
Mais combien de fois ne sommes-nous pas à la place du troisième serviteur ! Nous avons peur de la Croix du Christ parce que nous avons peur de souffrir. Nous avons peur que le Seigneur nous appelle parce que nous n’avons pas envie de renoncer à notre vie tranquille et confortable. Nous avons peur du Mystère parce que nous ne voulons pas faire d’efforts et de sacrifices… Nous n’avons pas suffisamment confiance en Dieu. Nous ne croyons pas assez dans ce bonheur qu’il nous promet : « Entre dans la joie de ton maître ». Et pourtant nous savons bien au fond de notre cœur que tous ceux qui nous promettent le bonheur « pour pas cher » et sans effort ni renoncement ne nous vendent que des mirages.
Notre vrai bonheur, c’est d’être avec Toi. Aide-nous à te consacrer du temps pour méditer en silence devant ton ostensoir ! En plongeant dans ton regard, nous referons nos forces. Nous puiserons en Toi l’audace qui nous manque pour être tes disciples.
« Loin de Toi tout est mirage, Nuit profonde et servitude, Mais que brille ton visage, Tout redevient certitude. »

Père Thibault NICOLET

Références des textes liturgiques : Livre des Proverbes XXXI, 10-13. 19-20. 30-31 Psaume CXXVII (CXXVIII) Première Épître de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens V, 1-6 Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu XXV, 14-30

9 novembre 2020

Homélie pour le XXXIIème dimanche du Temps Ordinaire Année A

8 novembre 2020

Insouciantes et prévoyantes

Par un procédé littéraire spécifique – la pseudépygraphie – la Sagesse de Salomon est reliée au personnage du grand roi qui vécut plusieurs siècles avant que ce livre ne soit écrit, probablement au cours du premier siècle avant notre ère. Bien que n’appartenant pas au canon hébraïque – ce livre est dit deutérocanonique -, la Sagesse est sans aucun doute l’un des joyaux spirituels de l’humanité. La noblesse et la beauté de sa pensée, souvent poétique, touchent profondément le cœur de l’homme. Exhortation par l’exemple, elle propose une voie de salut et d’espérance : le chemin le plus fiable pour vivre à jamais auprès de Dieu est de rechercher la Sagesse et d’en vivre. Cependant les termes qui dépeignent la Sagesse conviennent si bien à une personne qu’on les croirait écrits pour le Verbe incarné. : et de fait l’évangile de Jean a reconnu le Christ dans ce qui est dit de la Sagesse.
Ne vous laissez pas abattre par la peur de la mort, ne restez pas dans l’ignorance, nous dit saint Paul. Mais bien que l’apôtre nous dise l’essentiel, il demeure quelques incertitudes. Pourquoi appeler « morts » ceux qui sont entrés dans une vie nouvelle ? Ne peut-on croire en une résurrection individuelle, acquise par le Christ, qui nous fasse entrer dans le monde de Dieu, avec les nécessaires adaptations à la lumière divine ? Car si la mort est passage, elle nous mène à un monde sauvé, au sein d’un peuple qui nous aidera à progresser. Telle était notamment l’espérance de la petite Thérèse.
Dans ses paroles qui concernent les derniers temps (discours eschatologique), Jésus nous invite à méditer sur le sens de notre vie ici-bas qui, nécessairement, se clôt un jour pour nous ouvrir à une autre vie, une vie en plénitude, qui inaugure le Royaume des Cieux.
C’est alors que ce rabbi déroutant qu’est Jésus n’hésite pas à user de petits contes, de comparaisons étonnantes, de paraboles, qui alimentent l’imagination et le cœur de ses auditeurs. La parabole des dix jeunes filles est savoureuse, même si elle n’est pas facile à comprendre. Dix jeunes filles sortent avec leur lampe. Le matin suivant, elles n’ont plus d’huile et cinq d’entre elles refusent de partager leur réserve avec les cinq imprévoyantes. Quelques heures plus tard, ces dernières sont rejetées avec fermeté. Alors, de quelle huile, si essentielle, veut nous parler cette parabole ?
L’une des interprétations possibles se comprend si l’on opère un rapprochement avec la demande de Jésus en saint Luc : restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées (Luc XII, 35). Ne serait-ce pas cela qui a fait défaut aux cinq insensées ? Elles n’ont peut-être pas prévu que l’entrée aux noces suppose le désir du service et la disponibilité, à vivre au quotidien. D’où le refus des cinq autres de partager ce qui ne peut se partager puisque cela concerne le cœur de chacun en ce qu’il est apte à s’ouvrir à la fraternité et à l’amour.

Nous sommes invités à veiller, parce que nous ne connaissons pas plus l’heure du retour du Christ, signe de la plénitude des temps, que l’instant de notre mort, qui nous fera faire un pas de plus dans son intimité.

Père Thibault NICOLET


Références des textes liturgiques : Livre de la Sagesse VI, 12-16 Psaume LXII (LXIII) Première Épître de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens IV, 13-18 Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu XXV, 1-13

Homélie pour la Solennité de Tous les Saints

Des saints en multitude, une seule Eglise

>> Lire l'article...

Trentième dimanche du Temps Ordinaire Année A

Les deux commandements

>> Lire l'article...

vingt-septième dimanche du Temps Ordinaire, Année A

« Il louera la vigne à d’autres vignerons »

>> Lire l'article...

vingt-sixième dimanche du Temps Ordinaire, Année A

« S’étant repenti, il y alla »

>> Lire l'article...

26ème dimanche du temps ordinaire, année A

Aller travailler à la vigne

>> Lire l'article...

Vingt-cinquième dimanche du Temps Ordinaire Année A

La première et la dernière heure

>> Lire l'article...

Vingt-quatrième dimanche du Temps Ordinaire Année A

Pardonner toujours avec promptitude et de tout coeur

>> Lire l'article...

Vingt-troisième dimanche du Temps Ordinaire Année A

Je ferai de toi un guetteur pour la maison d’Israël

>> Lire l'article...

Vingt-deuxième dimanche du Temps Ordinaire Année A

Compter sur la Croix

>> Lire l'article...

Vingt-et-unième dimanche du Temps Ordinaire Année A

La confession de foi de Pierre

>> Lire l'article...

Vingtième dimanche du Temps Ordinaire Année A (16 août 2020)

Comment demander ? Le Seigneur écoute celui qui prie comme un enfant

>> Lire l'article...

Solennité de l’Assomption de Notre-Dame (15 août 2020)

« Marie, femme eucharistique » (Saint Jean-Paul II)

>> Lire l'article...

Dix-neuvième dimanche du Temps Ordinaire, Année A

Foi de l’homme et fidélité de Dieu

>> Lire l'article...

Quatorzième dimanche du Temps Ordinaire, Année A

« Père, je proclame ta louange »

>> Lire l'article...

13ème dimanche du temps ordinaire, année A

Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi

>> Lire l'article...

Homélie pour le treizième dimanche du Temps Ordinaire, Année A

« Qui vous accueille m’accueille »

>> Lire l'article...

Homélie pour le douzième dimanche du Temps Ordinaire, Année A

« Soyez sans crainte ! »

>> Lire l'article...

Homélie pour la Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ,

« Qui mange ma chair… »

>> Lire l'article...

Solennité de la Sainte Trinité 2020, Année A

Un Dieu en trois Personnes

>> Lire l'article...

Solennité de la Pentecôte 2020, Année A

A l’origine de la hiérarchie, l’Esprit !

>> Lire l'article...

Septième dimanche du Temps de Pâques, Année A

La gloire de Dieu au cœur de l’homme

>> Lire l'article...

Homélie pour la Solennité de l’Ascension du Seigneur, Année A

L’au revoir – Loin des yeux, près du cœur !

>> Lire l'article...

Homélie du 5ème dimanche de Pâques, année A

Devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus-Christ 

>> Lire l'article...

Homélie du 4ème dimanche de Pâques, année A

L’unique berger du troupeau

>> Lire l'article...

Homélie du 3ème dimanche de Pâques, année A

Trois choses importantes. Pour reconnaître le Ressuscité, il faut d’abord confronter notre existence avec ce que nous dit l’Écriture ; ensuite, il faut le partage du pain (l’Eucharistie) ; enfin il faut une communauté fraternelle rassemblée. Nous vivons de manière inédite ce dimanche avec nos grands soucis en ce temps de pandémie. L’avenir apparaît comme fermé, comme il l’était pour les deux disciples d’Emmaüs. « Nous espérions... » C’est toujours tragique lorsque nous parlons de notre espérance au passé. (...)

>> Lire l'article...

Homélie pour le Saint Jour de Pâques, 12/04/2020, Année A

 Il vit et il crut !

>> Lire l'article...

Homélie du 2ème dimanche de Pâques, année A

Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu

>> Lire l'article...